mercredi 9 juillet 2014

Malheur au vainqueur



Déjà publié le 19 novembre 2012


Fiche au chef d’état-major des armées, février 2009.

Dans De la guerre, Clausewitz décrivait la guerre comme l’affrontement de deux trinités associant chacune un gouvernement, un peuple et une armée. Dans son esprit, cela se traduisait par un duel gigantesque entre deux forces armées jusqu’à l’écrasement de l’une d’entre elles. Privé de leur centre de gravité, l’Etat et le peuple n’avaient alors plus qu’à se soumettre au vainqueur sur le champ de bataille. Ce schéma s’est trouvé mis en défaut lorsque les Etats n’ont plus affronté d’autres Etats mais des « organisations » dont le centre de gravité n’était plus leur armée, généralement modeste, mais le soutien de la population, transformant le « duel » en « opération au milieu des gens ».

Dans le cas de l’opposition entre Israël et le Hamas, cette asymétrie est encore accentuée par les particularités des deux adversaires. David devenu Goliath, Israël associe un pouvoir faible car instable, une armée très puissante et une population de plus en plus radicale. La population juive la plus traditionnaliste représentera la moitié de la population dans vingt ans.

Face à lui, le Hamas a un « pouvoir » déterminé jusqu’au fanatisme, une milice matériellement très faible et une population encore plus radicalisée que celle d’Israël. En 2002, une étude a conclu que 50 % des Palestiniens entre 6 et 11 ans ne rêvaient pas d’être médecin ou ingénieur mais kamikaze.

Faute d’une volonté capable d’imposer une solution politique à long terme, Israël est piégé par cette armée à qui il doit sa survie et qui ne peut que lui proposer des solutions sécuritaires à court terme. Arnold Toynbee, parlant de Sparte, appelait cela la « malédiction de l’homme fort ».

Le syndrome spartiate

Dans sa stratégie militaire, Israël raisonnait traditionnellement en fonction de trois types de menaces : intérieure (les mouvements palestiniens), proche (les Etats arabes voisins) et lointain (l’Irak ou l’Iran nucléaire) en essayant de concilier les réponses militaires en une doctrine unique, combinaison de la « muraille de fer » décrite par Zeev Jabotinsky dans les années 1920 et de la « révolution dans les affaires militaires ». Par l’association de la dissuasion nucléaire, de la barrière de sécurité, du quadrillage de la population palestinienne et d’une forte capacité de frappe conventionnelle à distance, Tsahal pensait avoir trouvé la parade à toutes les menaces. En réalité, cette « grande théorie unifiée » avait créé de nouveaux acteurs : les proto-Etats périphériques comme le Hezbollah au Sud-Liban et le Hamas dans la bande de Gaza, nés et vivant plus ou moins de l’affrontement avec Israël.

Le pouvoir israélien actuel est incapable de gagner la paix, le Hamas est incapable de gagner la guerre contre Israël mais les deux peuvent espérer gagner « à » faire la guerre à des fins de politique intérieure. Le 4 novembre 2008 (jour de l’élection de Barack Obama  afin de passer inaperçu), le gouvernement israélien a proposé l’affrontement avec un raid tuant six Palestiniens et le Hamas a accepté en ne renouvelant pas la trêve. On se trouve ainsi dans une forme de guerre plus proche du jeu de go que du jeu d’échec car les deux adversaires savent que cela se terminera non pas par un échec et mat mais par un accord mutuel tacite suivi d’une comptabilité des « points de victoire ».

Comme dans la réalité ces « points » sont largement subjectifs, le gouvernement Olmert s’est bien gardé cette fois d’annoncer, comme en 2006, une liste d’objectifs très ambitieux dont la non réalisation avait largement contribué à l’idée de défaite. Il n’a été question que de « redonner une vie normale aux habitants du sud d’Israël » et d’« infliger un sévère coup au Hamas », buts de guerre suffisamment flous pour espérer au moins une petite victoire (l’arrêt des tirs de roquettes). Implicitement, il était évident que cette opération avait aussi pour objet de restaurer la capacité de dissuasion de Tsahal et sa confiance interne.

La non bataille

Dans la droite ligne de la doctrine américaine « choc et effroi », l’opération Plomb durci débute par un raid massif de 40 à 50 F-16 I frappant très précisément (grâce aux drones, à l’aide du Fatah et aux réseaux humains du Shabak) l’« infrastructure » du Hamas. Les vagues suivantes, avec l’aide de l’artillerie et des hélicoptères d’assaut s’efforcent ensuite de détruire les centaines de tunnels de la frontière Sud, les sites de lancement de roquettes et de préparer les axes de pénétration de l’offensive terrestre. Bien plus efficace qu’en 2006, cette campagne fait entre 400 et 500 victimes en une semaine pour un résultat qui reste néanmoins insuffisant, confirmant que les feux à distance sont impuissants à eux-seuls à obtenir des résultats décisifs face à des organisations incrustées dans un tissu urbain dense. Les tirs de roquettes ne cessent pas et le Hamas n’est pas décapité malgré la mort de Nizar Rayyan et Azkariah al-Jamal. Le potentiel militaire du Hamas (entre 7 000 et 20 000 miliciens selon les estimations) n’est pas sérieusement entamé.

Contrairement à 2006, la campagne de frappes à distance est donc prolongée par une véritable opération terrestre dont les objectifs immédiats sont de contrôler les zones de lancement de roquettes, de participer à la destruction des tunnels, d’empêcher toute manœuvre coordonnée du Hamas et de lui infliger autant de pertes que possible. Plus symboliquement, il s’agit aussi d’aller « planter le drapeau chez l’ennemi ». Cette offensive terrestre (ou aéroterrestre tant les moyens aériens et au sol sont intégrés) n’a cependant pas le droit à l’échec. Grâce à l’emploi de colonnes blindées-mécanisées évoluant dans une bulle d’appui feux, les cinq brigades israéliennes commencent par cloisonner l’ennemi puis essaient de l’user par une série de mini-raids, blindés en terrain un peu ouvert ou, plus rarement, par les forces spéciales dans les zones plus densément urbanisées. En cela, les modes d’action employés sont très proches de ceux des Américains en Irak, les aspects humanitaires en moins.

Face à ces « colonnes de fer », une milice ne peut jouer que sur la préparation du terrain, l’emploi d’armes à longue portée et la furtivité. La préparation du terrain (obstacles, engins explosifs) a été handicapée par le manque de moyens et de compétence et les quelques obstacles mis en place ont été, pour la plupart, détruits lors de la phase de feux à distance. Contrairement au Hezbollah, le Hamas ne dispose apparemment pas de missiles antichars modernes, il lui est donc difficile de frapper les unités israéliennes autrement que par mortiers ou par snipers. Toute attaque directe étant vouée au massacre, la seule voie possible pour lui consiste à rester retranché dans les zones inaccessibles aux colonnes blindées et d’attendre que les Israéliens s’engagent dans une opération de nettoyage urbain.

Prendre Falloujah à la fin de 2004 avait nécessité le déploiement de quatre brigades (deux pour cloisonner et deux pour conquérir) pendant un mois et demi et coûté la vie à 73 Américains. En 2002, la prise de Jenine avait demandé à Tsahal deux semaines de combat et 23 morts pour la brigade engagée. Or Gaza-ville et les camps périphériques représentent environ quatre fois Falloujah et douze fois Jénine en termes de surface et de population. Le prix à payer pour s’en emparer était trop important pour le gouvernement israélien. La bataille de Gaza est donc restée symbolique, les deux adversaires ne se rencontrant pas véritablement.

La population pour cible

Dans ce contexte, ce sont finalement les populations environnant ces deux armées qui s’évitent qui sont les plus frappées. C’était déjà le cas lors de la guerre de juillet 2006, lorsque les civils israéliens se plaignaient de subir quotidiennement les tirs de roquettes du Hezbollah alors que le gouvernement Olmert refusait d’engager des troupes au Sud Liban. Au même moment, les frappes de Tsahal tuaient beaucoup plus de civils libanais que de miliciens du Hezbollah bien protégés dans leurs abris souterrains.

Pire encore, il semble maintenant que les populations soient devenues l’objectif premier des opérations militaires afin de faire « pression » sur un adversaire que de part et d’autre on ne peut vaincre militairement. Avec l’arrivée de munitions ultra-précises, on pensait avoir progressé humainement depuis les bombardements stratégiques de la Seconde Guerre mondiale. On assiste désormais à un retour en arrière puisque les dégâts apparaissent comme de moins en moins « collatéraux » et de plus en « centraux ».

C’est évident du côté des organisations palestiniennes qui affrontent Israël et qui considèrent qu’elles n’ont plus d’autre recours que de frapper la population civile par le biais des « kamikazes » ou par des projectiles, insuffisamment précis pour être vraiment dangereux (il en faut plus de 400 pour tuer un seul civil) mais qui entretiennent un climat permanent d’insécurité. Mais c’est aussi désormais le cas de la part d’Israël qui a non seulement transformé la bande de Gaza en immense camps de prisonniers mais emploie sa force de telle sorte que, plus que l’affaiblissement du Hamas, c’est la punition de la population palestinienne qui semble recherchée, avec par exemple la destruction des infrastructures économiques. Bien entendu, comme toujours en pareil cas, l’adversaire est stigmatisé comme à la fois lâche et terroriste alors que la souffrance de sa propre population est largement instrumentalisée.

En toute bonne foi et avec une certaine schizophrénie, Tsahal peut se présenter comme l’armée la plus éthique du monde puisqu’il prévient par téléphone, tracts ou SMS avant de tuer. Si l’on croît les chiffres couramment évoqués, le « kill ratio » entre soldats israéliens et civils palestiniens est d’environ 1 pour 50, dont 20 à 30 enfants, ce qui ne suggère pas quand même une volonté extrême de maîtrise de la force, ni, il est vrai, de volonté farouche du Hamas de préserver la population. Mais comment attendre autre chose d’une organisation qui a introduit l’attentat-suicide dans le monde sunnite ?

La lettre et l’esprit des grands traités internationaux signés depuis 1868 visant à protéger autant que possible la population des ravages de la guerre sont d’évidence bafoués, avec d’ailleurs cette circonstance aggravante du côté d’Israël que la population de Gaza, toujours officiellement territoire occupé, reste sous sa responsabilité. Juridiquement, l’opération  Plomb durci  est une opération de sécurité intérieure, domaine où plus encore que dans un état de guerre la riposte se doit d’être proportionnelle et maîtrisée. Dès le départ de l’opération, les noms des commandants d’unité n’ont pas été divulgués par crainte de poursuites pour crimes de guerre. Loin des guerres héroïques des Sharon, Tal ou Adan, Plomb durci est anonyme.

A défaut de gagner les cœurs, contrôler les esprits

Si dans cette régression, le Hamas est freiné par l’insuffisance technique de ses engins, Israël doit encore arbitrer avec sa propre morale mais aussi surtout celle de l’opinion publique internationale et en premier lieu américaine. De fait, Israël sait que chacune de ses grandes opérations asymétriques (Raisins de la colère en 1996, Rempart en 2002, Pluie d’été et Changement de direction en 2006) enclenche toujours un processus de protestation qui finit par l’enrayer. Pour retarder cette échéance et pour la première fois à cette échelle, l’opération militaire s’est accompagnée d’une vraie campagne des perceptions.

Le premier cercle concerné était celui de l’opinion publique israélienne. Pour cela, le gouvernement a pris soin de se placer en position de légitime défense en mettant en avant la menace des roquettes et le non renouvellement de la trêve par le Hamas puis en précédant l’offensive d’un ultimatum, obtenant ainsi un soutien de plus de 80 % de la population. Mais les médias ne sont plus les seules sources d’informations. Les nouvelles technologies de l’information, téléphone portable en premier lieu, donnent aussi la possibilité d’établir un lien direct entre l’armée et la nation, et donc de faire converger plus rapidement qu’avant le moral de l’ « avant » et de l’ « arrière ». Cela avait une des causes de l’échec de 2006, les soldats n’hésitant pas à communiquer à leurs familles leurs critiques sur la manière dont les opérations étaient conduites. Cette fois, outre que les motifs d’insatisfaction ont été réduits par une planification précise, une étanchéité complète a été instaurée entre la zone de bataille et  l’intérieur du pays, en échange d’un effort permanent d’explication pour les soldats.

La seconde bataille des perceptions s’est déroulée hors du Proche Orient. Prolongeant une intense préparation diplomatique auprès des gouvernements et diplomates étrangers, les Israéliens ont organisé le blocus des images (sans image, la souffrance reste une abstraction), fait appel à des groupes de pression et des intellectuels sympathisants pour organiser des manifestations de soutien et marteler un certain nombre de messages (« Israël fait preuve de retenue », «  l’idée de proportionnalité entre la menace et la riposte n’a pas lieu d’être » [André Glucksman, dans Le Monde du 5 janvier 2009], etc.). La communication par Internet ne pouvant être cloisonnée, il a été fait appel à une « armée » de réservistes et sympathisants afin d’en « occuper » les points clefs (les premières pages sur Google par exemple) et d’inonder de commentaires les sites et les blogs. Il est devenu ainsi très difficile d’y trouver des informations favorables au Hamas. Sur le terrain enfin, Tsahal s’est efforcé d’éviter, sans y parvenir complètement (le 5 janvier, une école gérée par l’ONU a été frappée, faisant 39 victimes), les massacres suffisamment importants pour apparaître dans les médias internationaux et susciter une forte émotion.

Qu’est-ce que la victoire ?

Les 17 et 18 janvier 2009, les deux camps « passent leur tour », en décrétant l’un après l’autre un cessez-le-feu unilatéral. Commence alors la bataille du bilan. En 2006, c’était le Hezbollah qui avait occupé le premier ce terrain en martelant le thème de la « victoire divine ». Cette fois, ce sont plutôt les Israéliens qui saturent l’espace de messages de victoire. Or, les « points » objectifs sont peu nombreux. Les tirs de roquettes ont cessé mais malgré les destructions la menace est toujours là. Les pertes infligées aux Hamas revendiquées par Israël (700 combattants tués) sont invérifiables mais même ainsi, alors qu’il y a environ 200 000 chômeurs d’âge militaire à Gaza, on peut imaginer que le potentiel humain du Hamas sera vite reconstitué et ses leaders tués vite remplacés. Le soldat Guilad Shalit, toujours prisonnier du Hamas, est soigneusement oublié. De son côté le Hamas ne peut se targuer d’avoir infligé des coups significatifs à l’ennemi (sept morts, aucun prisonnier, pas de destruction d’engins de combat) mais comme toute organisation engagée dans un combat très asymétrique, il peut revendiquer simplement le fait d’avoir résisté et gagner ainsi en prestige au sein de la population palestinienne. Au total, Israël peut prétendre à une petite victoire mais au prix d’un accroissement du nombre de ses ennemis et de l’effritement de son image.

En 745 av J-C, au début du règne de Téglathphalasar III, l’Assyrie était la plus grande puissance militaire du Proche-Orient. Un siècle et demi plus tard, après avoir écrasé impitoyablement ses ennemis dans toutes les batailles, l’Assyrie n’existait plus. 


30 commentaires:

  1. "En 745 av J-C, au début du règne de Téglathphalasar III, l’Assyrie était la plus grande puissance militaire du Proche-Orient. Un siècle et demi plus tard, après avoir écrasé impitoyablement ses ennemis dans toutes les batailles, l’Assyrie n’existait plus. "

    Par cette analogie, essayez-vous de nous faire comprendre que l'Etat d'Israël va disparaître, mon colonel ?

    Ce n'est plus qu'une question de temps, certes. La raréfaction des ressources pétrolières étant déjà amorcée, comment fera Israël, dont l'épine dorsale militaire est composée de nombreux engins blindés (très qualitatifs certes, mais gourmands) pour sortir de ce marasme, conjurer le sort qui est le sien depuis sa création ?

    Certes, les israéliens disposent de l'arme nucléaire. Mais cernés de toutes parts, ils ne pourront l'utiliser. Et un réacteur ne suffira jamais pour alimenter les besoins énergétiques de tout un peuple et de son armée, si tant est que d'ici-là, on trouve la parade au pétrole (je suis dubitatif).

    C'est donc bien là que se situe le talon d'Achille de Tsahal et de l'Etat qu'elle protège. Ce ne sont donc pas les Palestiniens ou les Libanais qui représentent le plus grand péril à moyen/long terme, même s'ils sont LA menace, mais bien cette inconnue qui risque alors de complètement bouleverser le rapport de force actuel avec le lot d'horreurs que l'on imagine.

    Le temps est compté et pour l'heure, nul n'y pourra rien changer.

    Les Américains à la rescousse ? On peut les imaginer trop occuper à ce moment-là à déclencher des incendies ici et là pour s'accaparer les ressources qui leur feront défaut et leur éviteront de rester confiner sur leur continent. Ce qui signifierait leur mort. Comme celle de toutes les armées occidentales, d'ailleurs...



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  2. L'argument pétrolier est peu pertinent, dans la mesure où nous seront tous confronté à cette pénurie à venir...

    Cependant, j'ignore si l'Assyrie est une bonne comparaison, j'ai peur plutôt de penser aux États Latins...Voire à l'Algérie Française, où de toute façon,à la fin la démographie gagne. Mes comparaisons, non partisanes, sont peut-être pessimistes sur le long terme.

    Dans une géographie identique ou proche de ces États latins, soutien (plus ou moins) d'un Occident divisé (la chute de Constantinople correspond à la fin de la guerre de cent ans) qu'on retrouve plus ou moins fort avec l'administration US (en tout cas non absolu), particulier de l'Allemagne (soutien peu "guerrier" mais réel), France qui n'assume pas publiquement le soutien, par ailleurs réel), basculement des opinions des occidentales ,sujettes à des immigrations musulmanes (avec un milieu "associatif" très actif, lutte contre l'Islam (plutôt des Ottoman à l'époque mais pas seulement, et aujourd'hui les turcs ont changé de camp par rapport à Israël...).et bêtise des dirigeants ( les massacres des alliés musulmans des croisés, expéditions idiotes à travers le désert, et pour Israel le désir d'attaque préventive sur l'Iran...).

    La bataille des cœurs (du monde entier) est compromise par les extrémistes (abrutis d'ailleurs) israéliens: au meurtre des trois jeunes israéliens, la sauvagerie du meurtre par les flammes (voire même l'avalement de liquide enflammé) d'un jeune de 16 ans choque beaucoup plus ceux qui considèrent Israël comme un État moderne, démocratique (accessoirement en situation d'assiégé!).

    Les extrémistes israéliens, entre ceux qui brûlent (qui devront être jugés, preuve du caractère démocratique de la société israélienne), les religieux qui ne contribuent pas au service militaire et ceux aussi qui considèrent que l’avènement d' Israël

    De toute façon, nous occidentaux, ne devons pas oublier que si les israéliens perdent un jour, dans le meilleur des cas, ils apprendront tous à nager, et que cette situation, avec l'héritage de la Shoa, nous rend difficile de comprendre parfois l'engagement, la pensée des dirigeants et de la population de ce pays ainsi que leur sens du sacrifice et leur détermination...

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  3. Un point : je pensais que les Sunnites s'étaient inspirés de l'armée rouge japonaise et des Tigres Tamouls pour les attentas-suicide.
    Sinon la perte de connectivité entre soldats et arrière n'est peut-être pas une excellente idée. Kilcullen est très critique de ce genre de procédés dans son dernier ouvrage. L'adversaire est ultra connecté, mais la partie adverse, non.

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  4. 1° Je ne comprends pas bien de quoi vit la population de Gaza. A ma connaissance, Gaza ne produit rien. Ils vivent entièrement de la subvention internationale ? Ca leur laisse du temps et de l'énergie pour haïr Israel, je suppose...
    2° Plus il y a d'Arabes et de musulmans en Europe, plus il y a de gens qui penchent du côté arabe (Au. Filipetti : "Nous avons tous un peu d'Algérie en nous."), et aussi, plus il y a de gens qui penchent du côté israélien (Ils en ont marre des drapeaux algériens et des voitures brûlées, des femmes voilées et des attentats).
    Difficile de dire laquelle des deux tendances sera la plus forte...

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  5. Faisons un peu d'antisémitisme. car ce qui va suivre, dans notre pays de libertés sera taxé comme tel par la pensé dominante et sectaire.
    Un peu d'histoire. Suite à la seconde guerre mondiale, les alliés "découvrent choqués" l'ampleur de la barbarie nazie et son entreprise d'extermination des juifs d'Europe. Dans ce monde encore colonialiste, ou le non européen est souvent considéré comme inférieur les "Vainqueurs" décident de donner un Etat ( Territoire, population, système de gouvernement) aux juifs.
    Ces derniers (entendre par la, les juifs d'Europe occidentale et américains) militaient et oeuvraient sans réel succès depuis des années pour l'édification d'un "foyer national juif en Palestine". L'émotion suscité par la solution finale et ses camps de la mort, son exploitation judicieuse par les sionistes va leur permettre d' enfin réaliser leur but. Et ainsi naquit l'Etat d'Israel.
    Par dizaines de milliers les "colons" juifs européens se sont installé en Palestine profitant de l'indifférence voir de la complicité de la puissance mandataire. Les arabes palestiniens autochtones ont subits le sort de tout peuple colonisé. ils ont été, abusés dépossédés, infériorisés, spoliés, massacrés...et tout cela dans l'indifférence générale. La guerre de 1948 officialisant la conquête juive d'un nouveau territoire où régnerai désormais un ordre nouveau.Depuis, les Palestiniens luttent pour reconquérir leur Terre. Ce combat est vieux de bientôt 70 ans. Au regard du droit international il est légitime. L'Etat d'Israel est un état colonial construit sur la conquête d'un territoire indigène et l'oppression de sa population. Tout le reste n'est que propagande et agit-prop conduit par l'Etat d'Israel et ses soutiens nombreux et puissants dans toutes nos démocraties occidentale qui, ont érigées la culpabilisation collective de l"holocauste"en tabou.
    La vérité rend libre, mais la liberté a un coût. Ce coût, nos société "socialisées" ne veulent plus le payer.

    Zakalve.

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    1. D'accord avec ce rappel historique de la création d'Israël. Une petite anecdote: Quand la vingtaine d'officiers français recevaient leur affectation comme MilObs au sein de l'UNTSO chargé de la surveillance de la trêve (ONUST Basé à Jérusalem), ces officiers partaient avec un esprit ''pro-israéliens" à des degrés plus ou moins élevés selon leur culture ou environnement. Quand ils revenaient en France - après un séjour d'un ou deux ans -, ils étaient devenus anti-israéliens à 90% !
      " Peuple fier et dominateur" (de Gaulle), cette définition (de mémoire) peut-elle résumer les Israéliens ? sans être taxé d'antisémitisme, elle montre bien l'état d'esprit vis à vis des "goys"...

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    2. @Antisemite

      Le sionisme s'est developpé en europe et ailleurs au XIX eme siecle en même temps que de nombreuses autres formes de nationalisme.

      Dès cette époque des juifs sont partis s'installer en Palestine province Ottomane.

      Après la première guerre mondiale et la petaudière qu'était devenue cette région, les britanniques, alors puissance mandataire, ont alternativement favorisé ou réduit l'arrivée de colons juifs au gré des errements de leur politique coloniale.

      Quoi qu'il en soit, le nombre de colons juifs est resté faible jusqu'à la seconde guerre mondiale.

      Après celle-ci, loin de favoriser la colonisation juive, les britanniques ont tout fait pour l'empecher, elle était incontrolable, suscitait un rejet violent de la part des populations locales et donnait lieu à une activité terroriste dont ils furent les premières victimes.

      La politique anticoloniale des Etats-Unis allait elle aussi à l'encontre de ce mouvement, ce n'est qu'à partir des années 1960 qu'Israel est devenue une alliée privilégiée.

      Les rescapés de l'extermination ont certes émigrés en masse, mais la Palestine n'était qu'une destination parmis d'autres.

      Et si la fondation de l'état d'Israel a donné lieu à un discours idéologique nouveau, dans la pratique c'est sur le modèle des colonisations de peuplement qu'il s'est constitué.

      A la fin des années 1940 le génocide des juifs d'europe n'avait absolument pas la place qu'il occupe actuellement, juger de la situation en fonction de ce critère est un anachronisme.

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    3. 1° La colonie de peuplement européenne mérite-t-elle tant d'opprobre et de condamnation bien-pensante ? On lui doit l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Canada, les Etats-Unis, dans une certaine mesure l'Amérique centrale et l'Amérique du Sud... Sans elle, l'Afrique du Sud serait probablement un désert économique à peu près complet (elle aurait été développée par une colonisation du type de celle qu'a connue le Congo, certes, mais moins développée qu'elle ne l'a été, et aurait été ruinée par l'indépendance).
      2° En 1945, huit ou dix millions d'Allemands ont été chassés de leurs patries, à la partition de l'Inde, quinze millions d'hindous et de musulmans ont dû partir, à l'indépendance de l'Algérie, un million d'Européens ont été spoliés, à la fondation d'Israel 600 000 Juifs ont été chassés des pays arabes (et spoliés).
      900 000 Palestiniens ont dû quitter leurs terroirs, pour se déplacer de pas plus de quelques dizaines de kilomètres : comme s'ils étaient allés de Saint-Denis à Clamart. Ils ont été cent fois indemnisés par l'aide aux "réfugiés".
      Et depuis soixante-dix ans ils emmerdent le monde de leurs cris et de leurs crimes...

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    4. "Anonyme-10 juillet 2014, 12h16 : "Les arabes palestiniens autochtones ont subits le sort de tout peuple colonisé. ils ont été, abusés dépossédés, infériorisés, spoliés, massacrés..."
      Tout peuple colonisé a été "abusé, dépossédé, infériorisé, spolié, massacré".
      Par exemple, c'est ce qui est arrivé aux Noirs colonisés par la France, aux peuples de l'Inde colonisés par le Royaume-Uni ? Aux Tunisiens ? Aux Marocains ? (puisque "Tout peuple colonisé...)

      Comme dirait Don Diègue : "N'ai-je donc tant vécu que pour ouïr cette infamie" ?

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    5. Un pour cent de la population du monde arabe - les six cent mille juifs des pays arabes - s'est rassemblée sur un pour cent des terres arabes - laissant aux Arabes les 99% restant. Un semi-désert, à peu près long et large comme l'Alsace, avec en plus un bout de désert complet : le Néguev. Dans un monde arabe qui va de l'Atlantique au golfe Persique.
      Moyennant quoi les Arabes hurlent depuis soixante-dix ans : on a déplacé de trente kilomètres les quelques pour cent d'Arabes qui sont Palestiniens.
      Qu'ils hurlent pendant soixante-dix décennies, puisque ça leur fait plaisir.

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    6. Pour poursuivre dans la mise en perspective de ces rapports entre "méchants israeliens"et" gentils palestiniens" les 1% de déplacés sont hais par : les Libanais, les Egyptiens, les Jordanians, les Syriens pour avoir foutu le bordel partout où ils se sont installés (genre Barbes- Sarcelle puissance 15 ) . Ces même Pays soutiennent la cause palestinienne pour pouvoir se débarasser de leurs populations encombrantes plutot que par amour de leur prochain. Dans les années 70, Les Syriens et Jordaniens n'avaient pas fait dans la dentelle pour calmer les instincts belliqueux des réfugiés sans que cela n'emeuve particulièrement le reste du monde arabe. Et nul ne peut ignorier que les palestiniens sont à l'origine de la très longue guerre civile libanaise. je voudrais bien savoir ce que tous ceux qui disent que la réponse est demeusurée diraient si la France avait été la cible de plusieurs centaines de roquettes ? ils diraient sans doute dit "il faut dialoguer"; s'opposer c'est provoquer? Il ne faut pas stigmatiser les lanceurs de roquettes, ils ont des droits ...

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    7. Le vieil argument sioniste: nous n'avons que ce petit bout de terre, vous avez plus de 20 Etats arabes pour vous accueillir. Imaginons maintenant qu'un groupe quelconque revendique disons l'Alsace ou la Picardie pour s'y installer, en disant que c'est le pays de leurs ancêtres, et dise aux Alsaciens ou aux Picards: vous avez le reste de la France pour vous accueillir. L'argument vous semble-t-il toujours valable? Mettez-vous à la place d'un paysan palestinien, dont les ancêtres ont toujours vécu dans le même village, qui un jour voit débarquer des gens de Russie ou de Pologne leur disant que ce pays est le leur?

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  6. Il me semble que le cas de Gaza est unique.
    Un Etat - Gaza - bombarde les civils d'un autre Etat - Israel - sur presque tout le territoire de celui-ci par l'emploi de fusées dissimulées au milieu de sa propre population.
    L'Etat attaqué ne peut pas détruire l'infrastructure économique de l'agresseur criminel : celui-ci ne produit rien. Il ne peut pas affamer l'Etat agresseur - comme on a toujours fait et comme les Alliés ont fait en 14-18 pour l'Allemagne - : les Palestiniens affamés pleureraient devant les caméras de télévision. Il ne peut pas répliquer en visant les civils de l'Etat agresseur criminel, pour la même raison. Il en est réduit à rendre la vie désagréable aux civils en coupant l'électricité, et à effectuer des frappes ciblées, qui tuent évidemment quelques civils aussi, et à supporter éternellement les tirs de fusée contre sa population.
    Ce qui passe l'entendement est que la population de Gaza fait essentiellement corps avec son gouvernement (démocratiquement élu) et supporte de vivre sans air conditionné ni frigo et d'être éventuellement frappée par un tir pour le seul plaisir de savoir qu'un civil israélien est tué de temps en temps.

    Comment réagirait un Etat arabe quelconque si un voisin militairement minuscule l'attaquait comme Gaza attaque Israel ?
    Comment font-ils, tous ces Arabes, pour ne pas sentir qu'il est honteux pour eux de ne pas exprimer leur condamnation radicale de Gaza ?

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    1. Je me permet de compléter et préciser, les commentaires précédents sur plusieurs points concernant la création de l'état d'Israël :

      Théodore Hertzl, juif laïc, n'avait pas une vision religieuse lors du choix du futur lieu de cette création. D'ailleurs Il hésita longuement entre l'Ouganda et la Palestine, le premier eut longtemps sa préférence : climat tempéré, terre bien plus fertile, etc.... Mais pendant ses hésitations les Britanniques colonisèrent l'Ouganda, au final son choix de la Palestine fut " presque par défaut ".

      De 1900, implantation progressive des premiers colons Juifs, puis en 1919 du foyer juif, et jusqu'en 1944 l'émigration en Israël concerna qu'une petite minorité de la diaspora juive. Car jusqu'en 1944 / 45 en son sein, l'idéologie sioniste restait quasi quasi marginal. A titre d'exemples : la majorité du rabbinat traditionnel y était opposé, Le BUND mouvement socialiste non communiste
      fortement implanté en Europe centrale avait une influence autrement plus importante, et lui aussi était hostile au sionisme.

      En 1945 / 47, le mouvement sioniste usa et abusa du drame des juifs en Europe pendant la guerre. Chose dont il ne s'était pas tellement préoccupé, car concernait en grande majorité des juifs non sioniste. Un déclaration publique en 1943 à Londres de Ben Gourion traduit bien son intérêt pour les victimes et futurs victimes du génocide " Il faut s'efforcer de sauver au plus 10 % des juifs Européens : les jeunes adulte les plus instruits aptes à être les cadres, militaires et civils de notre futur état Juif ".

      Il est exact que Britanniques furent toujours opposés à la création de l'état d'Israël, et même les USA entre 1944 / 47. Le président Trumann évolua puis se rallia a cette création : lobbying intense du mouvement sioniste aux USA, et peut être encore plus le fait que l'URSS de Staline appuyait cette création. On entrait en pleine " guerre froide ", et le potentiel état d'Israël risquait de devenir un satellite de l'URSS !......

      Staline soutenait cette création car pour lui elle répondait à deux buts : se débarrasser de ses juifs ayant survécu au génocide (Staline était profondément antisémite), et s'implanter durablement au Moyen-Orient. Jusqu'alors " chasse gardé " des Britanniques qu'il détestait et soupçonnait des plus noirs dessins.

      Naturellement Sionistes, USA et URSS mirent en avant le génocide qui avait eu lieu : un argument humanitaire fort entrainerait l'adhésion et notamment des opinions publics occidentales, bien plus que l'exposé des motifs réels d'ordre géostratégique !...

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    2. Inversons les rôles. Imaginons qu'en Israël, ce soit les Gazaouites : au pouvoir, le Hamas, appuyé par une population du type de celle qui existe à Gaza - palestinienne, nationaliste arabo-islamiste.
      Comment réagirait un tel Etat ?
      A chaque tir de fusée, il répliquerait en anéantissant le quartier d'où la fusée a été tirée : anéantissant la fusée, les bâtiments et la population. Assez rapidement, ça serait terminé.
      A la vérité, ça ne se passerait même pas comme ça : avant même que des fusées soient tirées, avant même qu'il y ait eu des fusées, dès lors qu'il y aurait eu une population et un Etat, ils auraient massacré et chassé la population ennemie et infidèle. Après quoi, sur la terre libérée, ils auraient rendu grâces à Dieu pour leur glorieuse victoire : Allah akhbar!.
      Imaginons qu'à Gaza, il y ait au pouvoir quelqu'un comme Netanyahou, appuyé sur une population du genre de celle qui existe en Israël.
      Pour l'objectif dérisoire (et criminel) d'emmerder l'ennemi et de lui tuer de temps en temps un civil, cette population ne supporterait pas que des fusées soient planquées dans ses lieux d'habitation, l'exposant aux coupures d'électricité, à un certain blocus, et même à prendre des coups.

      Bref, on voit que, pour avoir la situation actuelle, il faut deux conditions : que les Israéliens soient civilisés, que les Gazaouites soient des barbares fanatiques. Chacune de ces conditions, à elle seule, serait insuffisante.

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    3. Depuis l'hôpital parisien du Val-de-Grâce où il est soigné gracieusement par l'armée de la France (pour un rhume de cerveau ou pour un cancer des doigts de pied, on ne sait pas très bien), la momie du président éternel Abdelaziz Bouteflika a émis le communiqué suivant :
      O glorieux peuple arabe ! Quand finiront tes tribulations ? Nous Algériens avons été victimes du génocide commis par l'armée française, qui nous a tué un million de martyrs (ou un million et demi ? Je ne sais plus très bien - je m'y perds dans mes multiplications - de toutes façons je n'ai jamais su le chiffre de base. En tout cas, beaucoup). Le peuple de Gaza subit maintenant le génocide des Sionistes israéliens! Il l'affronte avec un courage digne des moudjahids de l'Algérie ! Il jettera bientôt à la mer les Sionistes comme nous avons jeté à la mer les Français.
      Je finis de me faire remettre en forme par les médecins militaires français et j'apporte immédiatement toute mon aide morale aux Palestiniens de Gaza ! Allah Akhbar !

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    4. Mauvaise foi hallucinante qui est clairement la conséquence d'un racisme anti-arabe virulent. Rappelez-moi le nombre d'Israéliens tués par des roquettes du Hamas, le nombre d'israéliens tout court tués dans cette histoire, comparez avec le nombre de morts palestiniens et on en reparle. Le Hamas n'est pas particulièrement sympathique mais qui l'a fait monter? Israël qui n'a jamais sérieusement négocié avec les modérés du Fatah.
      Et puis à propos de l'argument de l'inversion des rôles: Israël se vante assez d'être la seule démocratie du Proche-Orient, alors qu'elle le prouve, sa supériorité morale...
      Les Palestiniens ne peuvent être tenus responsables des propos de Bouteflika. Que les pays arabes aient instrumentalisé la lutte palestinienne ne délégitime pas celle-ci.

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  7. Le Monde m'invite à pleurer : "A l'heure actuelle, près de 830 000 habitants de Gaza dépendraient des colis alimentaires de l'Office des Nations unies pour les réfugiés (UNRWA)" (13-14 juillet), en fait exactement : L'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient.
    Réfugiés de 1948 - il y a soixante-six ans.
    Principaux donateurs : les Etats-Unis, l'Union européenne, des pays européens spécifiques parmi lesquels la Suède et le Royaume-Uni.
    Autrement dit, l'Occident paie les Gazaouis pour qu'ils aient de quoi vivre quand ils bombardent les civils israéliens.

    Quand est-ce qu'on le ferme, cet Office, et qu'on laisse les Arabes subventionner les tueurs arabes, si ça les amuse ?

    S'ils n'étaient pas nourris par les dons étrangers, les Gazaouis, il faudrait qu'ils gagnent leur vie - ce que certains d'entre eux feraient en émigrant, et d'autres en allant travailler tous les jours en Israël, ce qu'ils ont fait après 67, et qu'ils ont cessé de pouvoir faire depuis qu'ils se sont décidés pour le terrorisme.

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    1. Re bonjour Jovien,

      Les Palestiniens, qui correspondent en fait à un ensemble de populations assez variées, sont réputés dynamiques sur un plan économique et intellectuel, du moins avant la création de l'Etat d'Israël.

      En Cisjordanie, le peu de libertés que leur laisse l'occupation israélienne a été mis à profit par les plus entreprenants pour créer des activités économiques évoluées, mais dont le poids est encore assez marginal. En pratique, les Israéliens exercent un droit de vie ou de mort sur toute activité économique de la Cisjordanie: l'entrepreneur palestinien doit donc gagner les faveurs de l'occupant s'il veut que son entreprise prospère. C'est souvent là que ça se gâte... car Israël ne souhaite pas vraiment que les Palestiniens accèdent à l'autonomie économique et voit au contraire un grand intérêt à exploiter la main d’œuvre palestinienne, corvéable à merci, dans l'intérêt de ses propres entreprises, "délocalisées" dans ce territoire occupé.

      On peut se référer sur ce plan à l'affaire soulevée par la publicité faite par la célèbre actrice américaine Scarlett Johansson pour l'entreprise israélienne Sodastream, qui fait fabriquer ses machines à soda dans les territoires occupés.

      La liberté d'entreprendre est donc très homéopathique, mais elle n'est pas nulle.

      A Gaza, le profil économique est très différent: l'économie gazaouite présente les traits d'une économie de ghetto fondée sur la démerde dans la pénurie et l'enfermement, la dépendance vis à vis de l'extérieur, sous contrôle total d'Israël, et à l'intérieur, la tutelle du Hamas. C'est donc plus une économie de trafics que de business, le tout sous perfusion extérieure: il suffit de débrancher le patient, il part immédiatement en sucette.

      Je crois qu'on peut affirmer sans exagérer qu'à Gaza, contrairement à ce qui se passe en Cisjordanie, les Israéliens font à peu près tout ce qui est en leur pouvoir pour maintenir la bande dans la misère de façon délibérée et calculée.

      D'une façon générale, il est donc assez injuste de reprocher aux Palestiniens d'être dépendants d'une aide extérieure pour simplement survivre, sachant qu'on parle de populations très pauvres au regard des critères internationaux.

      Tout ce que je vous dis est très largement accessible, je m'étonne donc que quelqu'un d'habituellement aussi bien informé que vous puisse faire l'impasse sur ces faits, qui sont connus, documentés et non discutés: même Israël ne prend pas la peine de nier qu'il entrave le développement économique des territoires occupés, vu que les mesures de blocus sont discutées et prise de façon complètement publique au vu et au su de la communauté internationale qui, de temps à autre, proteste quand Israël, par exemple, séquestre les sommes destinées à payer les salaires des fonctionnaires palestiniens. Les Israéliens sont espiègles...

      Je vous soupçonne donc d'être légèrement de mauvaise foi sur ce coup-là.

      Maintenant, si vous êtes simplement mal informé sur la réalité concrète d'un régime d'occupation et ses aspects économiques, je retire ce que j'ai dit: on a le droit de mal s'informer après tout, surtout quand la réalité des faits va à l'encontre de ses opinions. A quoi servirait la paresse intellectuelle sans cela, je vous le demande?

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  8. Le troll qui sévit maintenant depuis plusieurs jours avec ses commentaires, a-t-il bien sa place sur ce blog ?

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    1. Il n'a pas tort de donner des contre-exemples aux idées reçues sur la colonisation, ou de faire remarquer qu'il y a eu au milieu du XXe siècle des déplacements importants de population (Allemagne, partition de l'Inde, pieds-noirs...).

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  9. Avant la deuxième guerre mondiale la Pologne avait aussi demandé à la France de permettre l'émigration juive vers Madagascar,
    mais cela ne s'était pas fait.

    C'est Marius Moutet, ministre des colonies du Front populaire puis après-guerre, qui avait plus particulièrement discuté de ce projet.

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    1. il y a aussi le cas du Birobidjan :

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Oblast_autonome_juif

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  10. La Pologne avant la deuxième guerre mondiale, ne fut pas la seule à demander l'émigration de ses juifs à Madagascar.

    Le Lehi plus connu sous le nom de groupe Stern, parti sioniste de droite et voir d'extrême droite, proposa la même chose aux nazis avant guerre et jusqu'en 1942. Ce parti alors implanté dans ce qui était la Palestine, et qui entretenait d'excellentes relations avec les nazis jusqu'en 1942 : date à laquelle les occupants Britanniques le "décapitère".

    Pour lui les juifs Allemands et d'Europe centrale dont la majorité n'était pas sioniste, n'avait pas vocation et voir digne d'émigrer en Israël. L'état de guerre entre l'Allemagne et l'Angleterre en 1940 / 42 fit capoté ce projet, auquel les nazis s'étaient ralliés : un moyen de se débarrasser de leurs juifs en " douceur ".

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  11. Une précision au sujet de l'émigration du projet d'émigration des juifs à Madagascar. Lors de la conférence d'Évian en 1938 à l'initiative des USA, pour résoudre l'afflux des réfugiés juifs fuyant les persécution des nazis en Allemagne et Autriche :

    La France ne fut pas l'initiative de ce projet a Madagascar, elle y était hostile dans quasi toutes ses colonies, mais ce sont les nazis et certains de leurs alliés qui voulaient cela. A contrario la France et l'Argentine furent les pays qui accueillirent le plus de réfugiés juifs sur leurs sols, cela suite à une politique laxiste en matière de quota d'émigration. Certes ses réfugiés en France ne bénéficièrent quasi pas d'aide à l'intégration.

    A contrario l'Angleterre fut des plus restrictive en matière de quota d'émigration sur son sol, et refusa toute émigration dans ses colonies ( notamment la Palestine ) hormis un petit nombre en Nouvelle Zélande et Australie. Les USA furent aussi rigoristes, seuls 27000 visas leurs furent délivrés en 1938, et les années suivantes un nombre similaire. Seuls les juifs " intellectuel " (savants, ingénieurs, artistes, etc... ) bénéficièrent de visas US, et ce fut de même entre 1940/41 pour ceux réfugiés en France occupés.

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  12. Dommage qu'un blog de cette qualité soit lui aussi touché par les habituels trolls sévissants sur le net et partent toujours invariablement dans des délires. Ils "Psychotent" comme les militaires aiment à le dire.

    Quant au coeur du sujet qui nous intéresse, l'analyse du col. Michel Goya est une fois encore très pertinente. Je pense qu'on ne peut guère soupçonner M.Goya de collusion ou de sympathie avec le Hamas. On peut être pour la lutte anti-terroriste mais ne pas rester indifférent devant une telle disproportion de force entre les deux camps, le bilan en vies humaines sera là pour le montrer (je reprends l'estimation des 20-30 enfants pour un soldat Israélien donnée par le colonel), il s'agit là plutôt d'un massacre que d'un affrontement.
    Sans partir dans l'antisémitisme, le comportement d'Israël vis à vis des Gazaouis est condamnable non seulement au regard du droit international (occupation illégale de territoires, frappe d'école de l'ONU ahem.. Je n'ose imaginer la réaction de la population et de la communauté internationale si la France se permettait de tels actes), mais aussi humainement parlant.
    En tant que jeune étudiant aspirant à intégrer l'ESM, je ne peux cautionner de tels actes tout simplement à titre humain.
    Même si il ne faut pas nier que le Hamas essaye lui aussi d'utiliser la terreur sur les populations comme d'une arme, seulement la disproportion des moyens avec Israël fait que cette tactique est appelée à être inefficace (l'effet Iron Dome).

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  13. D'ailleurs je me permets d'ajouter cet article de la revue TTU qui complète idéalement la réflexion du Colonel Goya et permet de mieux appréhender les mécanismes internes propres au Hamas:
    http://www.ttu.fr/gaza-en-finir-avec-le-hamas-et-apres/

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    1. Dans "Le Monde", daté de samedi, un long éditorial sur les événements à Gaza. Sa première partie donne les raisons mêmes que j'ai données plus haut qui rendent légitimes l'intervention israélienne et la forme qu'elle prend :
      1° L'État gazaoui tire sur les civils israéliens.
      2° Il se sert de sa propre population comme bouclier humain.
      La deuxième moitié de l'éditorial indique que l'intervention, quoique légitime, est imbécile.
      C'est possible.
      Je doute cependant un peu de l'imbécillité du gouvernement Netanyahou (et de la supériorité intellectuelle des journalistes du "Monde" sur celui-ci)..
      On peut faire remarquer ceci :
      1° Peut-être qu'Israël parviendra à détruire un nombre significatif de fusées.
      2° Peut-être qu'il parviendra à empêcher durablement l'introduction de nouvelles fusées par les tunnels reliant Gaza à l'Égypte.
      3° Peut-être que les épreuves vécues par la population gazaouie l'inciteront à l'avenir à s'opposer à ce que son État la prenne comme bouclier humain.

      Le Monde dit qu'Israël doit négocier.
      Or l'État gazaoui ne propose pas de retirer les fusées, c'est-à-dire qu'il demande à continuer à être en mesure de pratiquer le terrorisme, simplement à un coût moindre pour lui-même et pour sa population. Et à part ça, il demande la destruction d'Israël.
      On comprend que négocier dans ces conditions soit, pour Israël, peu tentant...

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    2. Bonjour Jovien,

      Si vous voulez, mais, au-delà des jugements de valeur sur les uns ou sur les autres, ce qui choque immédiatement dans cette affaire, c'est la disproportion des représailles israéliennes et leur impact sur les civils. C'est l'horreur de la chose qui frappe les esprits, légitimement, je crois.

      Ce n'est pas un problème intellectuel, c'est un problème de sens de ce qui est humain ou pas dans une guerre qui, soit dit en passant, n'est pas la nôtre bien qu'elle ait des incidences sur la vie intellectuelle et politique française.

      Il y a un reproche central formé contre l'armée israélienne: l'emploi disproportionné de la force contre les civils, occasionnant des pertes inutiles d'un point de vue militaire et dont les conséquences sur le mental des Palestiniens ne pourront que renforcer les processus de radicalisation.

      Il y a un second reproche associé au premier: l'emploi disproportionné de la force ne participerait même plus d'une logique militaire, même mal adaptée à la situation, mais d'une logique de domination malsaine, avec le désir d'humilier les Palestiniens en leur faisant comprendre que leur vie ne compte pour rien. C'est à dire qu'il y a l'impression que le gouvernement israélien, et l'ensemble de la société israélienne, ne considèrent pas les Palestiniens comme des être humains dignes de ce nom, mais comme des gens méprisables qu'on peut tuer et maltraiter sans commettre une faute morale grave.

      Le mépris dont vous-même faites preuve dans vos commentaires conforte cette impression désagréable.

      Mais, je vous le répète, le problème n'est pas tant de savoir qui a tort ou raison, le problème est de savoir si on peut tuer des gens de cette façon, avec détachement et presque bonne conscience, sachant que les populations civiles, comme le rappelle Michel Goya, sont placées sous la responsabilité d'Israël, en raison de leur statut de population occupée.



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  14. Jovien13 juillet 2014 01:47

    Le Monde m'invite à pleurer : "A l'heure actuelle, près de 830 000 habitants de Gaza dépendraient des colis alimentaires de l'Office des Nations unies pour les réfugiés (UNRWA)" (13-14 juillet), en fait exactement : L'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient.
    Réfugiés de 1948 - il y a soixante-six ans.
    Principaux donateurs : les Etats-Unis, l'Union européenne, des pays européens spécifiques parmi lesquels la Suède et le Royaume-Uni.
    Autrement dit, l'Occident paie les Gazaouis pour qu'ils aient de quoi vivre quand ils bombardent les civils israéliens.

    Quand est-ce qu'on le ferme, cet Office, et qu'on laisse les Arabes subventionner les tueurs arabes, si ça les amuse ?

    Ben faudrait peut être les accueillir dans (ce qui a été) notre pays ! au point où on en est ! on est plus à quelques centaines de milliers de migrants près, ici ils seront bien, nourri, logé .........

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