dimanche 29 juin 2014

Guerre et stratégie au XXIe siècle-Un livre (remarquable) de Christian Malis

Quand on lit Guerre et stratégie au XXIe siècle, on ne peut s’empêcher de se demander à quoi peut-il bien servir de réunir pendant des mois une grande commission avec plusieurs groupes de travail pour faire un Livre blanc de la défense…quand un seul homme peut faire mieux. Car il s’agit bien là de la grande analyse stratégique que l’on aurait aimé voir surgir de nos institutions.

Tout y est en effet. Cela commence par le rappel des théories opérationnelles (rappelez-vous la « révolution dans les affaires militaires ») américaines qui, servies par des moyens considérables et adossées aux visions des néo-conservateurs et à une culture de la diabolisation-criminalisation d’un ennemi que l’on ne peut que détruire, ont finalement abouti à une pollution du paysage stratégique mondial. Cela se poursuit ensuite par une description fine des évolutions en cours de ce même paysage, puis de tous les acteurs combattants qui y évoluent, de plus en plus divers et de moins en moins militaires, ainsi que de leurs moyens disponibles. Le discours est alors plus technologique ouvrant par ailleurs, et même si une partie seulement des projets en cours parvient à maturité, des perspectives considérables. On y notera le chapitre particulièrement éclairant sur le nouvel âge du nucléaire, instrument un peu oublié (refoulé ?) alors que toujours considérable. La dernière partie est un appel à un retour à un certain classicisme stratégique à la fois post-westphalien par la recherche de la limitation de l’emploi de la force et, en ce qui concerne la France, gaullien, c’est-à-dire au service d’une stratégie nationale cohérente. Cela suppose cependant un minimum d’effort, au moins financier, ce qui n’est plus la cas depuis plus de vingt ans, et au mieux de l’imagination ce à quoi nous invite l’ouvrage de Christian Malis.

En résumé, si les questions stratégiques vous intéressent ou simplement si l’avenir de la France vous inquiète, lisez et relisez Guerre et stratégie au XXIe siècle. C’est ce qui s’est fait de mieux depuis longtemps.


Christian Malis, Guerre et stratégie au XXIe siècle, Fayard, 2014, 340 pages, 22 euros.

lundi 23 juin 2014

La Voie de l'épée rejoint Mars Analogies




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samedi 21 juin 2014

Obama et le chaos irakien-par Maya Kandel sur Froggy Bottom

La série noire continue pour Obama sur la politique étrangère, pourtant son point fort au moment de sa réélection en 2012. Voilà donc l’Irak qui revient hanter le président américain, alors même que l’Irak a un poids particulier dans son histoire politique personnelle.


En quatre points, voici un rapide point de situation sur Obama et le chaos irakien. 
Pour lire la suite : Froggy Bottom

jeudi 19 juin 2014

Irak-Face à l'armée sunnite

Il est impossible de faire la paix avec l’Etat islamique en Irak et au Levant (Daech) mais il est très difficile de le vaincre par les armes. Daech a conservé la motivation fanatique de l’ancienne Al-Qaïda en Irak et y ajouté le nombre et l’argent. L'organisation disposerait de 10 000 combattants en Irak, soit à peu près trois fois le volume des forces que nous avons affronté au Mali. L’équipement est léger et peu sophistiqué mais Daech est capable de mener, en parallèle de pures actions de terreur, des actions de combat sophistiquées qu’il s’agisse d’infiltrations comme à Ramadi en janvier ou des raids offensifs mobiles. Son offensive de juin de Mossoul jusqu’aux portes de Bagdad a été ainsi plus rapide que celle des Américains en mars-avril 2003. Daech est à ce jour l’organisation armée non-étatique arabe sunnite la plus puissante au monde.

L'EIIL peut compter aussi sur peut-être autant de combattants alliés issus des milices tribales, des organisations urbaines saddamistes ou simplement payés pour la circonstance, moins mobiles. Cet ensemble combattant ne pourrait cependant fonctionner sans un réseau beaucoup plus vaste de sympathisants, donateurs, cacheurs, agents de transmissions, recrues potentielles, tout un ensemble civil qui cache et fournit les ressources. L’efficacité militaire de Daech dépend donc de la complicité d’une part importante de la communauté sunnite. Al-Qaïda en Irak et ses alliés de l’Etat islamique l'avaient oublié et ils ont été rejetés par cette communauté à la fin de 2006. L’EIIL a appris des erreurs de son ancêtre, l’organisation est beaucoup plus irakisée et elle s’efforce de respecter la population.

Ce système politico-militaire a déjà tenu tête à 15 à 20 brigades de l’US Army et du Corps des marines pendant toute la guerre américano-sunnite de 2003 à 2006. A la fin de 2006, la tendance majoritaire aux Etats-Unis était au retrait, immédiat (la position du sénateur Obama) ou progressif (la majorité démocrate et en partie républicaine), ce qui aurait constitué un incontestable aveu d’échec malgré l’immensité des efforts engagés. Il a fallu la décision inverse du renforcement (Surge) et surtout le changement d’alliance des tribus d’Anbar et groupes nationalistes, pour rétablir in extremis la situation en 2007, face aux djihadistes, et 2008, face aux chiites mahdistes.

Cette « armée sunnite » est particulièrement résistante mais elle n’est pas sans faiblesses. Elle est inefficace hors des provinces sunnites et sa capacité de manœuvre opérative, c’est-à-dire dépassant la simple guérilla locale ou les attentats, dépend toujours d’une entente collective. C’est ainsi qu’on put être organisées quelques actions spectaculaire comme l’ « offensive du Ramadan » d’octobre 2003 et, déjà, la prise de Mossoul en novembre 2004 ou souterraines comme le contrôle de Falloujah au printemps 2004 et l’infiltration dans les quartiers ouest de Bagdad en 2006, toute opérations offensives qui ont fini par échouer. Surtout il n’y a pour l’instant aucune vision politique commune, hormis l’hostilité au gouvernement de Bagdad.

Face à un ensemble de ce type, profondément ancré dans un ressentiment populaire, une campagne de raids et de frappes aériennes serait, effectuée seule, d’une efficacité marginale sinon contre-productive. Une opération de reconquête des villes du Tigre et de l’Euphrate nécessiterait des moyens considérables, hors de portée de l’actuelle armée irakienne et encore plus des milices chiites. L’aide indirecte américaine, selon la doctrine Obama, pourrait faciliter les choses mais sans augmenter beaucoup les chances de succès. Il en serait de même de l’intervention de soldats fantômes iraniens. Même s’il était possible de reprendre les villes, encore faudrait-il les tenir, et c’est encore plus hors de portée.

En réalité, désormais tout ce qui peut exacerber le ressentiment ou le nationalisme des Sunnites ne fera que renforcer les groupes armés et Daech. La seule possibilité réside dans l’affaiblissement de ce ressentiment et la dissociation politique de cet ensemble hétérogène. On n’imagine pas cependant ni le Premier ministre actuel, ni la classe politique irakienne, ni les institutions mises en place en 2005 le permettre.  

dimanche 15 juin 2014

Irak-Les nouvelles armées du chaos

Version 16 janvier 2014

L’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL ou Daech, en arabe) est né en avril 2013, nouvel avatar de l’Etat islamique en Irak formé en octobre 2006 par la fusion de l’organisation d’Abou Moussab al-Zarquaoui, adoubé par Al Qaïda, et d’organisations salafistes radicales moins importantes. Cette première organisation, largement responsable du basculement de l’Irak dans une guerre civile ouverte en 2006 et dont l’influence s’était faite sentir jusqu’à Bagdad, avait finalement été vaincue l'année suivante. A l'époque, les mouvements nationalistes et les tribus sunnites avaient changé d'alliance, préférant s'associer avec les Américains plutôt qu’avec ces djihadistes intransigeants et massacreurs. Ce retournement, le mouvement du réveil (Sahwa), avait fait basculer la situation. 

L’EII a survécu ensuite pendant des années dans les provinces mixtes du Nord de l’Irak avant de retrouver une nouvelle vigueur nourrie par la corruption des gouvernants irakiens, incapables de résoudre les problèmes profonds du pays et surtout de laisser une place aux représentants de la communauté sunnite. Depuis la mise en place des nouvelles institutions en 2005, le pouvoir est de fait confisqué par les partis chiites et de plus en plus par un seul homme, Nouri al-Maliki. Sous la direction d’Abou Bakr al-Baghdadi, émir depuis mai 2010, l’EII a appris de ses erreurs et s’est irakisé. Bénéficiant à nouveau de l’intérêt de la communauté sunnite marginalisée, l’EII a multiplié les attaques contre le gouvernement et ses institutions avant de connaître un nouveau souffle avec la guerre civile en Syrie.

Un nouveau Djihadistan

L’annonce, en avril 2013, de la création de l’EIIL marque un tournant. La fusion avec l’organisation syrienne Jabhat al-Nosra afin de créer un front unique tourne court. Elle est désapprouvée par Ayman al-Zaouahiri, hostile depuis toujours aux organisations djihadistes irakiennes, leurs méthodes et leur priorité à la lutte contre les Chiites. Phénomène inédit, Daech décide en retour de s’émanciper de la tutelle d’Al Qaïda et de s’imposer comme un nouveau modèle djihadiste attractif. Face à al-Nosra et les autres groupes rebelles syriens, l’EIIL parvient à s’emplanter dans l’est de la Syrie, en particulier dans la province de Deir ez-Zor. Il y gagne une nouvelle puissance, autonome donc de la caution d’Al Qaïda mais aussi de sponsors étatiques régionaux, en s’appuyant sur l’afflux de volontaires locaux mais surtout étrangers, l’aide de donateurs privés et la contrebande de pétrole.

Cette nouvelle puissance et surtout la perspective d’une alliance avec les tribus sunnites de la province irakienne d’Anbar permettent d’utiliser Dier ez-Zor comme base d’une première offensive par infiltrations sur l'Euphrate. Plusieurs quartiers de la capitale d'Anbar, Ramadi, sont occupés et surtout, en janvier 2014, presque dix ans après sa reconquête par les Marines américains, Falloujah est à nouveau aux mains de rebelles à Bagdad. Pour la troisième fois depuis 2003, la ville est l'objet d'un siège. La violence des méthodes employées par l’armée irakienne (comme le largage de barils d'explosifs sur la population) mais aussi leur inefficacité contribuent encore grandement à son discrédit et témoignent de la possibilité de succès pour une rébellion sunnite.

Dans la phase suivante, au début de juin, l’offensive éclair sur Mossoul est révélatrice de la faiblesse des forces gouvernementales loin de Bagdad comme de l’appui désormais accordé à Daech par des groupes qui lui étaient hostiles jusque-là, comme la confrérie soufie Naqshabandi ou les saddamistes de la Brigade de la Révolution de 1920 et de l’Armée islamique en Irak. Le processus s’accélère alors.  Pour la première fois depuis novembre 2004 et avec beaucoup plus d’emprise qu’à l’époque, la troisième ville d’Irak est aux mains des djihadistes accroissant d’un coup leurs ressources financières, leurs équipements (pris à l’armée irakienne) et leur prestige. Profitant l’effondrement de l’armée irakienne, les villes sunnites le long du Tigre, comme Tikrit, ancien fief de Saddam Hussein, sont occupées dans la foulée.

Cette offensive spectaculaire est autant une rébellion sunnite qu’une conquête.  Avec 10 000 combattants, l’EIIL est bien plus puissante que n’a pu l’être l'organisation d’al-Zarquaoui en son temps. Pour autant, cette force est incapable de s’emparer de Bagdad et même, sans le soutien des autres organisations sunnites et des tribus, de tenir ses conquêtes.

L'armée de sable

Malgré son volume apparent, plus de 300 000 hommes, l’armée irakienne post-Saddam Hussein souffre de nombreuses faiblesses. Formée une première fois en mai 2003 sous l’égide du département d’Etat américain, cette nouvelle armée irakienne s’est effondrée moins d’un an plus tard sous les coups des mahdistes chiites et de la guérilla sunnite, qui avait récupéré en son sein une grande partie des anciens cadres de l’ancien régime. Sa nouvelle reformation, sous la direction du département de la défense cette fois, a été laborieuse jusqu’à pouvoir, en 2006 et surtout en 2007, assurer aux côtés des forces américaines la reprise de contrôle de Bagdad et, de manière beaucoup plus autonome en 2008, celle de Bassorah face au parti Fadilah et aux Mahdistes chiites puis des provinces mixtes du Nord, tout en contenant les ambitions kurdes.

Cette armée ne s’est jamais débarrassée de ses problèmes structurels comme son recrutement à majorité chiite, excluant encore systématiquement les anciens baassistes, même compétents. L’armée du mouvement Sawha, formée pour l’essentiel par d’anciens rebelles sunnites et mise sous contrôle du gouvernement Maliki à partir d’avril 2009 a été en fait licenciée reproduisant ainsi, pour les mêmes raisons de méfiance politique, le même schéma désastreux que celui du gouverneur Paul Bremer en 2003. 

Cette armée chiite, par ailleurs relativement peu mobile (ses bataillons dépendent pour beaucoup des civils pour la logistique) évolue mal dans les provinces sunnites où elle apparaît facilement comme une troupe d’occupation. Formée toujours exclusivement de volontaires (l’idée d’une armée de conscription pouvant souder les différentes communautés était étrangère aux réformateurs américains), mal payés et souvent absents des rangs, cette armée a de plus perdu beaucoup de son efficacité avec la fin de l’appui massif des forces américaines, mal remplacées par des sociétés privées.

Elle a ensuite subi le fractionnement classique en Irak et dans beaucoup d’armées arabes, en fonction non pas du degré d’efficacité de ses unités mais de leur fiabilité politique. On a donc vu se développer une « armée de Nouri al-Maliki » placée à Bagdad sous le commandement direct du Premier ministre, et comprenant les quatre plus puissantes divisions de l’armée. Une force, bien moins choyée mais plutôt bien acceptée par la population, occupe les provinces chiites tandis que cinq à sept divisions affaiblies tentaient de contrôler les deux fleuves au nord de la capitale.

Comme Saddam Hussein, les différents gouvernements qui se sont succédés depuis juillet 2004 à Bagdad, n’ont eu de cesse, en parallèle de cette armée créée par les Américains et toujours susceptible de tentation politique, de former des « forces spéciales », parfois sous l’égide du ministère de l’intérieur, parfois sans lien avec le gouvernement mais au service direct de partis politiques ou de simples personnalités. Ces milices, plus ou moins privées et politisées, représentent désormais une force presque double de celle de l’armée, à laquelle elles se superposent. Significativement, alors que les rebelles sunnites s'approchaient de Bagdad, c'est à l'engagement dans ces milices plutôt que dans l'armée qu' a fait appel Nouri al-Maliki.

Après leur échec sur l’Euphrate en janvier et maintenant celui, encore plus cinglant, à Mossoul et le long du Tigre, ces forces gouvernementales sont, pour l’heure, sans doute incapables d’opérations offensives susceptibles de reprendre vraiment le terrain perdu. Elles peuvent le contester, voire peut-être reprendre certaines localités mais les contrôler est pour l'instant hors de portée. Les provinces chiites du Sud, ne peuvent de leurs côtés, être vraiment inquiétées par les forces de Daech et de ses alliés, sinon par le biais d’attentats. Les combats se livreront donc dans la périphérie de Bagdad et peut-être dans la capitale même après infiltrations dans les quartiers sunnites de l’ouest de la ville. 

Cette situation peut paradoxalement servir Nouri al-Maliki en lui permettant d’acquérir définitivement tous les pouvoirs en obtenant l’instauration de l’Etat d’urgence. 

Le paramètre kurde

Avec plus de 200 000 combattants (peshmergas) et deux divisions d’infanterie inscrites théoriquement dans l’ordre de bataille de l’armée irakienne, la force militaire la plus puissante sur le territoire est en réalité celle de la région autonome du Kurdistan. Depuis 1992, cette armée a préservé la sécurité intérieure du Kurdistan et souvent servi de fer de lance aux actions de contre-guérilla lors de la période de présence américaine. Elle a permis aux Kurdes de reprendre pied dans les régions dont ils avaient été chassés sous Saddam Hussein, en particulier Kirkouk et ses champs de pétrole. En y remplaçant définitivement aujourd’hui les troupes de Bagdad, l’armée kurde vient de résoudre une situation gelée depuis dix ans. Les seules ressources pétrolières hors des provinces sunnites sont désormais aux mains des Kurdes, ce qui ne peut manquer de susciter de fortes tensions locales et l’attention des nations voisines qui ne souhaitent pas voir s’ériger un Kurdistan trop puissant et susceptibles d'inspirer les autres communautés kurdes. 

Pour autant, les capacités offensives de l’armée kurde sont également limitées. Elle peut, au mieux mais ce serait déjà considérable, réoccuper Mossoul et contrôler la frontière avec la Syrie, en liaison avec la guérilla kurde syrienne sur place qui a édifié aussi de son côté un petit Kurdistan. Elle peut même peut-être, en conjonction avec les forces de Bagdad, réoccuper le Tigre mais ce serait sans doute pour s’y engager dans une contre-guérilla permanente.

En résumé, la situation militaire locale semble devoir pour l’instant s’équilibrer dans les impuissances réciproques, concrétisant une partition de fait. Elle peut évoluer cependant en fonction des réactions régionales qu’elle provoque.

L’équilibre des impuissances

Dans l’immédiat les marges de manœuvre militaires des voisins de l’Irak sont limitées. Sans parler de la Turquie paralysée entre des objectifs contradictoires et changeants, les Etats-Unis et l’Iran, alliés objectifs face aux djihadistes et en cours de négociations sur la levée des sanctions, ont annoncé leurs soutien à Bagdad mais ne veulent ni ne peuvent s’impliquer outre mesure.

Les déclarations martiales américaines comme l’envoi (peu utile compte tenu des moyens déjà en place dans la région) d’un porte-avions dans le Golfe persique témoignent surtout d’un embarras. De 2008 à 2010, la conjonction des volontés de Barack Obama et de Nouri al-Maliki, tous deux hostiles pour des raisons de politique intérieure à la poursuite d’une présence militaire américaine, avait conduit à un repli total des forces vidant l’armée irakienne d’une grande partie de sa force. Un dispositif minimum de soutien et de raids aurait facilité la lutte tactique contre les djihadistes mais, il est vrai, au prix d’une caution à la politique sectaire. Dans l’immédiat, la marge de manœuvre militaire américaine semble réduite quelques années seulement après l’engagement massif et alors même que l’un des prétextes à cet engagement, la présence d’organisations djihadistes, n’a jamais été aussi fort. L’idée d’un appui indirect, par l’emploi de drones par exemple, relève de la gesticulation car, à cette échelle, cela ne peut avoir d’effet significatif sur le terrain. On ne peut cependant exclure l’influence d’un courant intérieur exigeant que les efforts et les sacrifices consentis en Irak ne soient pas inutiles et imposant une attitude plus active.

L’Iran, de son côté, ne peut apporter guère plus que ce que Bagdad dispose déjà en abondance. Pour changer fondamentalement les données militaires, il faudrait que Téhéran engage des unités de combat efficaces, ce qu’elle a exclu, ou, au moins et beaucoup plus probablement, des conseillers militaires, remplaçant les Américains dans ce rôle. Cette implication iranienne ne peut toutefois que stimuler encore les sentiments nationalistes sunnites et l’implication réciproque des monarchies du Golfe. L’Iran peut aider indirectement le gouvernement irakien en accentuant encore son aide à la Syrie et permettre ainsi aux milliers de combattants irakiens sur place de revenir combattre dans leur pays. L’offensive de Daech en Irak a, en effet, cet effet paradoxal d’affaiblir aussi le régime d’Assad. En s’établissant sur leurs arrières et en les combattants plus que l’armée d’Assad, Daech  affaiblit en fait la rébellion syrienne. En portant son effort sur l’Irak, il libère celle-ci tout en affaiblissant le soutien irakien à Damas. Il n’est pas évident cependant que cela suffise pour modifier suffisamment les rapports de forces locaux.

On s’oriente donc probablement vers une longue guerre d’usure sur l’ensemble de la Syrie et de l’Irak. Le centre de gravité y est constitué par la communauté sunnite, majoritaire d’un côté de la frontière et minoritaire de l’autre, et sa capacité à s’y organiser militairement pour tout à la fois s’imposer aux gouvernements chiites et rejeter les mouvements djihadistes. Hormis la Jordanie, qui avait déjà été à l’origine de l’élimination de Zarquaoui, et qui constitue la base arrière solide contre les djihadistes, les monarchies du Golfe ont un rôle essentiel dans les évolutions à venir. Il reste à ce que celui-ci soit devienne cohérent et conforme aussi à nos intérêts. C’est là que se situe véritablement l’effort à mener pour les Occidentaux. 

dimanche 8 juin 2014

Comment fossiliser une grande armée-L'exemple de l'entre-deux-guerres

Fiche au chef d’état-major des armées, 2008
De 1919 à 1924, la France conserve son rang par son armée qui impose la considération par sa puissance, son modernisme et sa capacité d’intervention. En cinq ans, on la voit « garder le Rhin, occuper Francfort, Düsseldorf, la Ruhr, prêter main forte aux Polonais, aux Tchèques, demeurer en Silésie, à Memel, au Schleswig,  surveiller Constantinople, rétablir l’ordre au Maroc, réduire Abd el-Krim, soumettre la « tâche » de Taza, s’opposer aux rezzous sahariens, prendre pied au Levant, pénétrer en Cilicie, chasser Fayçal de Damas, s’installer sur l’Euphrate et sur le Tigre, réprimer l’insurrection du djebel Druze, montrer la force en tous points de nos colonies d’Afrique, d’Amérique, d’Océanie, contenir en Indochine l’agitation latente, protéger au milieu des émeutes et des révolutions nos établissements de Chine » (Charles de Gaulle, Le fil de l’épée). Le rayonnement de l’armée française est à son comble et plusieurs Etats étrangers comme la Tchécoslovaquie, la Roumanie ou le Brésil font appel à son expertise et à son matériel pour réorganiser la leur.
Pourtant, à peine douze plus tard, en 1936, alors qu’Adolf Hitler envoie quelques bataillons « remilitariser » la Rhénanie, portant ainsi à nouveau la menace à la frontière de la France, cette même armée avoue sa totale impuissance. Il est vrai qu’entre temps, au nom de la disparition de l’ennemi majeur, des économies budgétaires et de la réticence à employer la force, le vainqueur de 1918 s’est replié sur lui même. La France vieillissante et traumatisée a été saisie de frilosité mais en croyant adopter une politique plus « sécurisante », elle a, en réalité, provoqué sa perte.

La fièvre obsidionale

Cette rupture a d’abord une origine militaire. Lors de la séance du 22 mai 1922 du Conseil supérieur de la Guerre, le maréchal Pétain insiste sur la recherche de l’ « inviolabilité absolue du territoire » par une stratégie purement défensive. Cela lui attire la réplique du maréchal Foch qui estime que : « Si l’on est victorieux, on assure par là même la conservation du territoire…Assurer l’inviolabilité du territoire n’est pas le but principal à donner aux armées : c’est un dogme périlleux ». Foch considère que, à choisir, l’épée apporte finalement plus de sécurité que le bouclier, par sa capacité à « réduire » au plus tôt les menaces (re)naissantes et à soutenir les alliés européens qui ont remplacé des Russes désormais hostiles et des Anglo-saxons redevenus distants.

La conception de Pétain finit pourtant par l’emporter car elle rencontre à la fois l’idéalisme de l’opinion publique et le souci d’économie des gouvernants. Pour beaucoup, en effet, la négociation et le droit international sont les vraies armes de la paix. En 1924, le Cartel des gauches met fin à l’occupation de la Ruhr, enclenchant ainsi le repli général sur le territoire national. En 1926, à la tribune de la société des nations, Aristide Briand lance son « Arrière les fusils, les mitrailleuses et les canons ! Place à la conciliation, à l’arbitrage, à la paix ». La France parraine alors l’adhésion de l’Allemagne à la SDN et Briand obtient le prix Nobel de la paix. En 1928, la France signe le pacte Briand-Kellog mettant la guerre hors la loi. Nombreux sont aussi ceux qui sont soucieux de toucher les « dividendes de la paix », comme Poincaré qui estime que « si nous sommes pour une dizaine d’années à l’abri d’aventures militaires, nous sommes, en revanche, pour cinq à six ans à la merci d’un accident financier » ou le ministre finances Lasteyrie qui déclare lors du vote du budget de 1922 : « Y a-t-il réellement une nécessité absolue de s’engager dans la voie d’armement aussi importants ? […] Nous sommes pour l’instant à l’abri du danger ».

Cette nouvelle vision se concrétise par la loi d’organisation de l’armée en 1927 qui explique que : « L’objet de notre organisation militaire est d’assurer la protection de nos frontières et la défense des territoires d’outre-mer ». En présentant la loi, Daladier, ministre de la Guerre, renchérit même : « la France ne déclarera la guerre à aucun peuple mais elle fermement résolue à défendre son territoire, et empêcher que la guerre y soit à nouveau portée ». Tout cela se traduit concrètement par une réduction drastique des programmes d’équipements « offensifs » (jugés « agressifs ») au profit du service de la dette, qui représente la moitié du budget et de la ligne Maginot, instrument premier de la sécurité, qui doit, en parant à toute surprise, nous donner le temps de mobiliser nos forces. En 1934, un an après l’arrivée au pouvoir d’Hitler, la France ne produit plus que trois chars.

En revanche, en cette période troublée (l’année 1934 est aussi celle des 15 morts et 1500 blessés des émeutes de février et de l’assassinat du ministre Barthou et du roi de Yougoslavie), les moyens de l’Intérieur sont sensiblement augmentés. Une garde républicaine mobile est créée pour assurer le maintien de l’ordre à la place d’une armée qui, depuis les « inventaires » et la répression des émeutes du Languedoc ou des mineurs du Nord avant 1914 garde un souvenir amer de son implication dans la sécurité intérieure. A l’époque, ces interventions avaient suscité un antimilitarisme virulent qui avait fait douter de la capacité de la France à se défendre et donc incité les Allemands à saisir l’occasion d’en finir. Dans les années 1920 et alors que le pacifisme se développe, on ne souhaite pas affaiblir la crédibilité de l’outil de défense en l’exposant à la critique de sa propre population.

Tous les instruments d’une sécurité en accord avec un effort budgétaire limité semblent en place : barrière défensive et dissuasive, augmentation des moyens de sécurité intérieure et, parallèlement, réduction de l’outil de défense mais avec la certitude de pouvoir le reconstituer en cas de retour d’une menace majeure.

L’endormissement

Ce repli initié par le ministère de la Guerre va finalement se retourner contre lui, transformant les armées françaises de force d’intervention en une structure nouvelle finalement apte à peu de choses. Voulant conserver des structures lourdes malgré une diminution rapide des effectifs (parallèle à la réduction de la durée du service à un an en 1928) l’armée de terre voit son commandement paralysé par la dilution de l’autorité et de la responsabilité entre de multiples personnes et organismes, tandis que les grandes unités (30 divisions) sont bien incapables d’être autre chose que des cadres de mobilisation. Selon le général Beaufre, « l’armée subsistait mais vivotait au rabais : les effectifs squelettiques mangés par les corvées et les gardes, l’instruction individuelle bâclée en quatre mois, puis tous les hommes disponibles transformés en employés  […] l’armée usait sa substance à flotter dans un habit trop large pour elle ». En 1930, le général Lavigne-Delville alerte l’opinion : « Que nous reste-t-il donc, l’évacuation [de la Rhénanie] faite, pour résister à l’agression possible allemande ? Des frontières sans fortifications, des fortifications sans canons, des canons sans munitions, des unités sans effectifs, des effectifs sans instruction ».

La loi de finances de 1933 qui prévoit la suppression de 5 000 postes d’officiers contribue encore à la dégradation de l’encadrement et du moral. « Tout se conjugue pour dérouter et désenchanter les officiers : situations médiocres, avenir incertain, sentiment d’inutilité, hostilité latente du pouvoir, impression d’isolement de la nation. A cela s’ajoute le sentiment très net que l’organisation nouvelle de l’armée les empêche de faire leur métier ». Les démissions se multiplient et le personnel d’active souffre d’un déficit de 60 000 hommes en 1933. Weygand écrit alors au président du Conseil Herriot : « L’armée risque de devenir une façade coûteuse et trompeuse. Le pays croira qu’il est défendu. Il ne le sera pas. »

Quelques voix proposent bien des alternatives plus offensives grâce à la motorisation. Elles sont immédiatement sanctionnées. Parlant du projet d’une force d’intervention moderne décrit par de Gaulle en 1934, le général Maurin, ministre de la Guerre, dévoile le piège logique : « Comment peut-on croire que nous songions encore à l’offensive, quand nous avons dépensé des milliards pour établir une barrière fortifiée ? Serions-nous assez fous pour aller au-devant de cette barrière de la ligne Maginot à je ne sais quelle aventure ». En 1935, Gamelin s’appuie sur un argument d’autorité : « Qu’il soit bien entendu que la seule autorité habilitée à fixer la doctrine est l’état-major de l’armée. En conséquence, tout article et toute conférence sur ces sujets devront lui être communiqués aux fins d’autorisation ». En 1938, le général Chauvineau écrit Une invasion est-elle encore possible ? et répond par la négative. Dans la préface, le maréchal Pétain écrit que : « L’expérience de la guerre a été payée trop cher pour qu’on puisse revenir aux anciens errements [c’est-à-dire les doctrines offensives] ». Selon une interprétation freudienne, l’armée est paralysée par la logique du Moi, l’autorité du Surmoi et un fort traumatisme Inconscient, tous trois se nourrissant mutuellement jusqu’à former, derrière l’apparence des certitudes, un sentiment d’impuissance.

Le réarmement raté

L’armée ne sortira jamais vraiment de cette torpeur jusqu’au choc de mai 1940. De 1933 à 1935, alors qu’Hitler au pouvoir ne cache pas ses intentions, le gouvernement français réduit d’un tiers les dépenses des ministères de la Guerre, de l’Air et de la Marine. La tendance s’inverse à partir de 1935 et surtout de 1936, avec le Front populaire mais sans que cela s’accompagne vraiment d’une revitalisation de l’outil de défense.

Les instances de décision militaires dispersées sont incapables de faire des choix rapides, recherchent trop la perfection et maîtrisent moins bien les procédures budgétaires que le ministère des finances qui multiplie les entraves (60 % des crédits allouées en 1935 doivent être reportés). On est ainsi incapable de produire un pistolet-mitrailleur moderne avant 1940, il faut dix ans pour faire passer le fusil successeur du Lebel du bureau d’étude à la fabrication en série et alors qu’un prototype de l’excellent char B est disponible depuis 1925, on est incapable de le produire en grande série. Il est vrai aussi que l’industrie de défense n’a plus aucun rapport avec celle de la victoire de 1918. Elle manque d’ouvriers qualifiés et de machines-outils modernes. Elle se méfie aussi de l’armée, client à la fois exigeant et peu fiable dont, jusqu’en 1936, elle n’a reçu que des commandes dérisoires et morcelées (comme les 332 prototypes d’avions imaginés de 1920 à 1930).

L’armée de l’air n’est créée qu’en 1934 après le constat de sa déliquescence sous la tutelle du ministère de la Guerre. Mais comme il lui faut à la fois lutter contre les autres armées qui contestent son autonomie, composer avec une opinion qui considère le bombardement comme trop agressif et tenter de dynamiser une industrie aéronautique sinistrée et paralysée par les troubles sociaux, elle est incapable de retrouver sa puissance perdue.

Seule la marine nationale a pu tirer son épingle du jeu dans la disette budgétaire pour constituer une force de protection des flux nécessaires au soutien d’une éventuelle guerre totale. A partir de 1935, elle peut initier la construction de bâtiments de ligne mais pratiquement aucun ne pourra être prêt à temps.

L’impuissance

En mars 1935, Léon Blum, alors dans l’opposition, estimait que la parade au danger hitlérien résidait dans le désarmement et s’opposait au passage du service à deux ans pour compenser l’arrivée des « classes creuses » estimant que « nous sommes bien au-delà des effectifs et des conceptions qu’exige la défense effective du territoire national ». Un an plus tard, les Allemands pénètrent dans une Rhénanie démilitarisée depuis les accords de Locarno (1925). L’affront et la menace sont évidents mais on découvre alors que la France est incapable de la moindre offensive sans lancer au moins une mobilisation partielle (soit le rappel d’un million de réservistes), et ce à quelques semaines des élections législatives (où le slogan vainqueur sera « Pain, paix, liberté »). La France renonce à toute action et donc aussi à toute crédibilité sur ses engagements. Les Alliés en prennent acte. La Pologne se rapproche du Reich et la Belgique dénonce le traité de 1920 préférant la neutralité à l’alliance française peu sûre, rendant d’un coup très incomplet notre système défensif.

En juillet 1936, le gouvernement du Front populaire, désireux d’aider la République espagnole en lutte contre Franco, ne peut aller au-delà de l’hypocrisie d’une « non intervention relâchée », là où l’Allemagne et l’Italie envoient des troupes. En 1938, Hitler reprend ses coups de force avec l’anschluss, puis par des revendications sur les Sudètes, menaçant cette fois directement un de nos Alliés. Avec les négociations de Munich où on abandonne la Tchécoslovaquie (accords approuvés par 57 % des Français et la grande majorité des intellectuels), c’est l’URSS qui comprend qu’il n’y à rien à attendre d’une alliance avec la France. Au même moment, tout en avouant une nouvelle fois la faiblesse de l’armée (faiblesse par ailleurs surestimée) le général Gamelin, déclare : « Toute la question est de savoir si la France veut renoncer à être une grande puissance européenne ».

En réalité, la France avait cessé d’être une puissance à partir du moment où, en renonçant à toute capacité d’intervention, elle s’était condamnée à n’être que spectatrice des évolutions du monde. A ramener trop près de son cœur son outil de défense, elle avait laissé les menaces extérieures grossir puis venir à elle, sans même le soutien d’amis qu’elle ne pouvait aider. Pour paraphraser Churchill, la France avait sacrifié son honneur, son rang et sa voix dans les instances internationales à l’illusion de la sécurité et d’un certain confort, moral et économique, pour finalement tout perdre en 1940.

Jean Doise, Maurice Vaïsse, Diplomatie et outil militaire, 1987.
Beaufre, Le drame de 1940, 1965.
Jean Feller, Le dossier de l’armée française, 1966.
Marc Bloch, L’étrange défaite, Gallimard, 1990.
Elizabeth Kier, Imagining War: French and British Military Doctrine Between the Wars, Princeton University Press, 1997.

mercredi 4 juin 2014

« La Défense, outil de puissance de la France »- Soirée débat à l'Ecole militaire (Paris) le 18 juin 2014.


Sous le Haut patronage de Patricia Adam
Présidente de la commission de la Défense nationale et des forces armées

L’Association des entreprises partenaires de la Défense et l’Ecole de Guerre Economique (EGE) organise une soirée-débat en partenariat avec l’Association nationale des Auditeurs jeunes de l’IHEDN (ANAJ-IHEDN) le mercredi 18 juin 2014 de 18 heures 30 à 20 heures 30 à l’Ecole militaire à Paris sur le thème :

« La Défense,outil de puissance de la France »

L'objectif de cette soirée est d'analyser de quelle manière la Défense, prise au sens large, est aujourd’hui un outil de puissance pour la France, et quelles seraient les pistes pour renforcer - voire élargir - cet outil.

Interviendront lors de cette soirée :

Marie Récalde, députée de la Gironde et membre de la commission de la Défense nationale et des forces armées.

Christian Harbulot, directeur de l’Ecole de Guerre Economique (EGE) et directeur associé du cabinet de conseil Spin Partners.

Le colonel Michel Goya, chef du bureau Recherche au Centre de doctrine d’emploi des forces (CDEF) de l’armée de Terre et animateur du blog « La voie de l’épée ».

François Mattens, président de l’Association nationale des auditeurs jeunes de l’IHEDN (ANAJ-IHEDN).

Un formulaire en ligne permet de de déposer des idées, remarques… avant la soirée. Les plus intéressantes contribueront au débat qui suivra les interventions. Une video de la soirée sera mise en ligne à l’issue.

L’inscription est gratuite, mais obligatoire, avant le 15 juin :


Pour déposer des idées, remarques… et contribuer ainsi au débat :


Les personnes inscrites recevront deux messages de confirmation, dont un quelques jours avant la soirée-débat.