dimanche 5 février 2017

Le piège de l'opération Sentinelle

L’opération Sentinelle n’augmente pas la sécurité des Français, elle la réduit. On peut raisonnablement estimer en effet que les 700 millions d’euros qui ont été dépensés pour engager des militaires dans les rues de France depuis 1986 auraient été bien plus efficaces investis ailleurs, au profit du renseignement intérieur par exemple. On peut penser également que les millions de journées d’engagement de nos soldats, l’équivalent de l’engagement en Afghanistan, aurait été plus utiles ailleurs, à l’entraînement par exemple ou sur d’autres théâtres d’opérations, où par ailleurs il aurait été infiniment plus probable de combattre des combattants ennemis. En justifiant l’arrêt de suppressions d’effectifs qui était en train d’étrangler silencieusement notre armée, l’opération Sentinelle a certes sauvé un temps notre capital humain militaire mais au prix d’une autre forme d’affaiblissement, plus lente, plus diffuse mais tout aussi réelle par réduction de la formation et l’usure des soldats.

Engagée au milieu des populations, une force armée est soumise au principe de « qualité totale ». Quand un homme porte sur lui de quoi tuer des dizaines de personnes, son comportement doit être exemplaire, totalement exemplaire même, puisque la moindre erreur peut avoir des conséquences terribles. Mais comme les soldats sont humains, la probabilité de cette erreur n’est jamais nulle et elle devient même non négligeable lorsqu’on la multiplie par plusieurs milliers. Statistiquement, il est impossible sur la longue durée d’empêcher les maladresses de manipulation ou les mauvaises réactions aux 5 agressions quotidiennes, verbales et parfois physiques, contre les soldats de Sentinelle en Ile de France qu’évoque Elie Tenenbaum dans son étude, La Sentinelle égarée. Statistiquement, on ne peut pas éviter aussi les vols d’armes, comme les deux Famas (et munitions) dérobés le 2 février, à une patrouille qui revenait dans sa garnison d’origine. Placées entre des mains malfaisantes, ces deux armes peuvent, à elles seules, être à l’occasion de dégâts très supérieurs à tous les effets positifs que l’on aurait pu attendre de Sentinelle. En résumé, nos soldats sont bien formés et dans l’immense majorité des cas, ils se comporteront remarquablement. Il suffit cependant d’une seule défaillance pour provoquer une catastrophe, et avec la dégradation de notre capital humain la probabilité de cette défaillance s’accroit forcément.

Ajoutons, ce qui n’est jamais évoqué, que si pour les passants, tous les soldats de Sentinelle se ressemblent, il existe en réalité de très grandes différences de compétences entre eux. Le combat est chose complexe et bien plus psychologiquement que techniquement. Si tous nos soldats sont bien formés à l’usage des armes individuelles, au moins les fusils d’assaut, il y a forcément un décalage important entre une jeune recrue d'une spécialité de soutien et un fantassin vétéran. Dès lors qu’il s’agit d’aller au-delà de la simple autodéfense face à un individu isolé, entre un groupe de combat ad hoc de mécaniciens ou de transmetteurs et un groupe de combat organique et expérimenté d’infanterie, ce décalage est encore plus flagrant. Mener des combats rapprochés urbains au milieu des populations constitue le cœur de métier d’une section d’infanterie mais pas forcément celui des autres. Tous nos soldats peuvent constituer d’excellents et très coûteux vigiles, une minorité d’entre eux peuvent constituer des unités d’intervention (mais ils ne sont pas utilisés comme tels puisque dispersés).

Si on examine maintenant le bilan réel de l’engagement de militaires sur le territoire métropolitain depuis octobre 1995, date à partir de laquelle la présence militaire a été permanente, on constate que strictement aucun attentat, de quelque origine qu’il soit, n’a jamais pu être empêché par cette même présence. Peut-être que certains ont été dissuadés par elle mais on ne dispose, à ma connaissance, d’aucun témoignage dans ce sens en plus de vingt ans. Les seuls terroristes que les soldats ont finalement neutralisés sont ceux qui les ont attaqués, comme à Nice le 3 février 2015, à Valence le 1er janvier 2016 et donc le 3 février dernier à Paris, au Carrousel du Louvres ((face, respectivement, aux artilleurs des 54e et 93e régiments et aux hommes du 1er Régiment de chasseurs parachutistes). On saluera, le professionnalisme dont ont fait preuve nos soldats à chaque fois, n’hésitant pas à accepter des risques supplémentaires et maîtrisant parfaitement l’emploi de leurs armes pour éviter de blesser des innocents, mais on remarquera aussi l'incohérence dans laquelle on les à placés.

On notera d’abord, détail technique mais qui peut avoir son importance, combien la munition utilisée, la 5,56 à faible capacité d’arrêt et capable de rebondir sur les murs est délicate d’emploi dans ce contexte. Au Louvre, il aura fallu tirer plusieurs fois à bout portant pour arrêter l’agresseur, ce qui aurait pu avoir des conséquences graves, sur le soldat attaqué lui-même qui aurait pu être frappé à nouveau, et sur l’environnement, chaque coup tiré accroissant la probabilité de toucher aussi un camarade ou un civil (le seul cas à ce jour est une blessure par ricochet de balle 5,56 mm). Cette faiblesse de la munition est connue depuis des dizaines d’années, il faudrait probablement combiner l'emploi de Famas avec d'autres armes à plus forte puissance d'arrêt. Comme l’équipement de combat rapproché n’a jamais été une priorité stratégique en France, le problème demeure. 

On notera aussi bien sûr et surtout, que dans les trois cas cités, les soldats ont été surpris par l’attaque et qu’ils l’ont emporté grâce à leur sang-froid et armement très supérieur à celui des agresseurs. Ceci est un point clé : celui qui veut attaquer des soldats, parfaitement visibles alors que lui-même est anonyme, aura presque toujours l’initiative. Le remplacement des postes fixes, en « pots de fleurs », par des patrouilles mobiles a un peu réduit cette faiblesse mais comme il est de toute façon interdit aux militaires d’interpeller et contrôler qui que ce soit, celui qui veux attaquer des militaires en trouvera toujours et pourra dans la quasi-totalité des cas agir le premier. Pour peu qu’il dispose, non pas d’un couteau ou d’une machette, mais d’armes à feux et la parade devient beaucoup plus difficile. On peut toujours compter sur sa maladresse mais comme l’agresseur ne cherche pas forcément à fuir et à échapper à la riposte, il lui est possible de s’approcher plus près de sa cible et accroître ainsi sa probabilité de coup de but.

L’opération Sentinelle est en réalité soumise à une contradiction. Une patrouille de soldats est la preuve visible que le gouvernement « fait quelque chose » mais que ce quelque chose soit efficace est une autre question. De fait, on l'a vu, ce n’est pas efficace pour arrêter les attentats, et il n’est même pas sûr que cela ait l'effet anxiolytique tant vanté (il se peut même que cela ait aussi l'effet inverse). Pour être tactiquement un peu plus efficace dans une mission de protection de la population française, il faudrait en réalité que les soldats soient discrets et aient la capacité d’interpeller et contrôler, qu’ils soient en fait des policiers en civil. Les soldats ne sont pas des policiers et il ne faut évidemment pas qu'ils le soient. Quel est alors l’intérêt de mettre des soldats dans les rues ? 

On pourra arguer, et cela a été le cas après l’attaque du Louvre, qu’ils ont fait barrage à une attaque de civils, en oubliant que si quelqu’un veut attaquer des groupes de civils hors de présence de soldats, il n’a que l’embarras du choix. Les soldats du 1er RCP au Carrousel du Louvre ont, très probablement, été attaqués parce qu’ils étaient là et que s’ils ne l’avaient pas été, c’est une autre patrouille qui aurait été attaquée et non des civils dans le cadre de ce que les agresseurs islamistes considèrent comme un affrontement entre combattants. Comme pour les policiers attaqués à la Goutte d’or en janvier 2016 ou le double-meurtre de juin 2016 à Magnanville, il s’agit aussi de s’en prendre aux forces de sécurité de l’Etat. 

On pourra considérer, argument ultime mais en réalité très hypothétique, que ces hommes et ces femmes servent de « paratonnerres » et qu’il vaut mieux que ce soit eux, préparés et armés, qui servent de cibles plutôt que des civils impuissants. Certains vont quand même plus loin, en faisant de nos soldats des « pièges » à djihadistes, un peu de la même façon que l’on créait des bases dans le Haut-Tonkin pour attirer une armée Viet-Minh insaisissable autrement. Dans ce cas, il faut constater que le bilan comptable de Sentinelle est quand même plutôt maigre. Il serait infiniment plus élevé si on employait nos soldats comme des soldats c’est-à-dire en les lançant directement sur l’ennemi au lieu de les utiliser simplement comme cibles. Surtout, pour reprendre l'exemple indochinois où les choses se sont plutôt mal terminées, ce genre de stratégie est, employée seule, forcément destinée à échouer. Lorsque nos ennemis réussiront à tuer un puis plusieurs soldats de Sentinelle, après les avoir été attaqués uniquement parce qu’ils étaient soldats, pérorera-t-on encore que cela prouve justement l’efficacité et l’intérêt de l’opération ? Il est hélas probable que oui, l’inverse étant un aveu d’une mauvaise décision. 

Encore une fois, si on fait le choix d'augmenter la densité de protection de la population, c'est-à-dire concrètement avoir une masse critique d'hommes et de femmes armés au milieu de la population, ce n'est pas l’engagement de quelques milliers de soldats très visibles qui changera grand chose mais un accroissement de la quantité et de la qualité de présence policière ainsi que, et peut-être surtout, de l'élargissement de l'autorisation de port d'armes à toute la population légitime et compétente pour en faire un usage efficace. Les soldats, et particulièrement les unités d'infanterie, seront sans doute bien utile en unité d'intervention. Il y avait auparavant une section en "disponibilité opérationnelle", prête à intervenir immédiatement jour et nuit, pourquoi ne pas réactiver ce système ainsi que des postes de commandement en alerte ? Il n'y a pas (encore) dans l'armée de syndicats pour trouver cela intolérable et cela sera sans doute plus utile que Sentinelle.

Sentinelle est effectivement un piège mais pour nous. Sauf un improbable courage intellectuel et politique de l’exécutif en place, il faudra probablement attendre un gouvernement avec un peu de hauteur et une vraie vision stratégique avant d’en sortir. 

39 commentaires:

  1. Merci colonel.
    Une petite question : la 5.56 OTAN, c'est bien cela ? vous la décrivez comme très inadapté au contexte Sentinelle (faible pouvoir d'arrêt, rebond)
    Est-ce également un reproche général quelque soit le terrain d'opérations ? Je suis civil, trop jeune pour avoir eu la possibilité de faire un service, et donc, je ne saisis pas très bien les subtilités des différences de munitions
    Cordialement

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    1. Entre le calibre 7,62 OTAN, très puissant mais difficile d'emploi (fort recul de l'arme, faible quantité de munitions transportables) et le 5,56 aux qualités et défauts inverses, un consensus semble s'établir pour le calibre intermédiaire 6,5 mm mais il est évidemment de changer d'un coup toutes les armes. Tout cela n'est qu'un aspect secondaire dans l'opération Sentinelle. On peut compenser les défauts de l'emploi du Famas en le combinant à d'autres armes à forte puissance d'arrêt.
      En savoir plus sur http://lavoiedelepee.blogspot.com/2017/02/le-piege-de-loperation-sentinelle.html#LGFuzKM8aRU1lF7z.99

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    2. Mon colonel et vous le savez fort bien, toutes les armées occidentales basculèrent du 7,62 Otan au 5,56 dans les années 70/80 cela car les conflits et guerres prévisibles étaient d'une autre nature : combats avant tout en "campagne", secondairement urbains mais alors assez semblables aux premiers. Ce choix avait sa logique dans ce contexte, mais vous avez parfaitement raison il n'est plus adapté aux combats urbains actuels (groupes terroristes d'une grande mobilité) d'ou la nécessité de compléter nos armes en 5,56 par un calibre intermédiaires.

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    3. Merci de votre précision sur les calibres.
      Oui, évidemment, c'était complètement annexe au sujet.
      J'ai personnellement la conviction que l'opération doit être à minima drastiquement revue, voire carrément supprimée, mais le souci est politique.
      Quand on revoit la réaction post Nice, alors que Hollande devait RAPPELER (et non annoncer) que l'état d'urgence allait se terminer bientôt (en effet, c'était un des arguments de prolongation, fin de l'EU après l'Euro et le Tour de France pour assurer la sécurité des deux évènements).... Quel politique aura le courage de revenir sur l'état d'urgence ou Sentinelle ?
      Proposer de revenir dessus, c'est risquer un tollé général

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    4. Bonjour à toutes et tous.

      Je suis né trop tard pour le service militaire et je n'ai pas servi dans l'AdT (veuillez pardonner mon manque de connaissance profonde de la chose militaire),
      mais je me pose une question à propos du calibre des armes principales.

      Lors de la 2nde GM, les armes d'épaule - exceptés les PM - étaient toutes chambrées dans des calibres entre 7,5 et 8 mm (exception faite des Italiens et des Japonais).

      Pourtant, ce conflit ne manque pas de combats à distance "rapprochée" (en zone urbaine ou en forêt), et les combattants ne manquaient pas d'emporter une quantité appréciable de munitions.

      S'ils étaient capables d'emporter, disons, 200 coups (voire bien plus), pourquoi ne pourrait-on faire de même aujourd'hui ? Un homme ou une femme d'armes en 2017 n'est pas physiquement plus faible que dans les années 1930-1940, n'est-ce pas ?

      Merci de bien vouloir éclairer ma lanterne sur ce point.

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    5. Le fusil d'assaut est né de la constatation que l'immense majorité des pertes par armes d'infanterie survenait entre 50 et 300 m. Il n'était pas nécessaire dans ce cas d'utiliser des munitions capables de frapper très au delà et on pouvait se contenter d'utiliser des munitions moins puissantes avec le double avantage de pouvoir les tirer aussi en rafale et de pouvoir en porter plus. Depuis 1944, ce principe est admis par tous mais navigue entre calibres et quantité de poudre sans trouver encore le dosage idéal.

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    6. Je pense qu'un fusil d’assaut utilisant la munition de .300 AAC Blackout, couramment appelée, .300 AAC ou .300 BLK serait un calibre intéressant pour ce genre d'intervention, les projectiles de 300 BLK d’un poids de 220 grains ont une excellente conservation de vitesse, donc d’énergie, ils arrivent plus vite en cible que des projectiles plus légers, de plus en raison de leur forte densité de section avec une vitesse à la bouche comprise entre 300 et 320 mètres par secondes, ils ont une capacité de perforation et une précision remarquable même au delà de 300 mètres.

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    7. Un bon SPAS 12 ou SPAS 15 en calibre 12 mm, serait plus opérant. Déjà la portée maximale est plus réduite et l'effet joule est plus important ou puissance d'arrêt. En revanche, il faut reconnaitre que c'est plus incapacitant pour la raclure qui se prend un 12 mm en pleine tronche, pour l'identification on peut repasser!!!Mais vu qu'on veut des morts propres, c'est mieux pour la TV ....

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    8. 12mm ? je pense qu'il y a une erreur dans l'unité employée.

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    9. 12 mm ? Je pense qu'il y a une erreur d'unité.

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  2. Bonjour,
    Clair, et malheureusement accablant.....

    Quant à "l'élargissement de l'autorisation de port d'armes à toute la population légitime et compétente pour en faire un usage efficace", c'est difficilement imaginable alors que sous l'impulsion de Mr Cazeneuve le parlement européen va statuer sur une nouvelle réglementation encore plus restrictive des armes à feu (qui n'impactera QUE les propriétaires légitimes) dans le but officiel de lutter contre le terrorisme! C'est bien connu, les bandits et les terroristes ainsi que les filières d'approvisionnement clandestines sont toujours les premiers à souffrir de la réduction de la capacité des chargeurs de 20 a 10 coups pour les FSA et d'autres restrictions imbéciles....

    http://www.europarl.europa.eu/news/fr/news-room/20170126IPR59901/actualiser-la-l%C3%A9gislation-europ%C3%A9enne-sur-les-armes-pour-combler-les-lacunes

    http://www.armes-ufa.com/spip.php?article1968

    Je ne suis pas du tout un adepte du port d'armes pour tous, mais les états ne sont plus en mesure de protéger leurs citoyens et leurs refusent en même temps le droit de le faire, puisque à terme, même la possession d'une arme de catégorie D2 sera bientôt interdite (Chassepot etc..)

    Quoi qu'il en soit, merci pour vos écrits d'une rare intelligence, c'est à la fois rafraichissant et effrayant.

    Bien cordialement.
    Zorg.

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    1. Confier des armes à des gens formés et "fiabilisés" parce qu'ex-militaires/policiers/réservistes ou autres formules n'est pas la même chose que libéraliser le port d'armes. Parce que libéraliser le port, c'est surtout faciliter l'acquisition d'un outil à tuer pour ceux qui veulent tuer... Pas trop envie d'avoir un second amendement et les statistiques de mort de balles qui vont avec...

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    2. @Kouak,
      Je suis civil et grâce à des formations civiles (mais avec des militaires, en Suisse), je suis mieux formé que 80% des forces de polices (dixit des instructeurs police).
      Former quelqu'un au tir de défense à l'arme de poing, en partant des méthodes NTTC, c'est 3 jours de formation, soit 24h, en gros la même chose que pour la partie pratique du permis de conduire. Sanctionné par examen théorique et pratique, couplé à une enquête de moralité et un examen médical, ce n'est nullement faciliter "l'acquisition d'un outil à tuer pour ceux qui veulent tuer".
      Et puisque vous aimez les statistiques, je vous invite à aller consulter celle du FBI qui montrent, au grand désespoir des anti-armes, que les porteurs d'un CCW (permis de port d'arme civil) sont drastiquement moins criminogènes que le reste de la population, et font moins de dégâts annexes que les forces de l'ordre. Il ne faut pas confondre port d'arme civil et vente libre.

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    3. Bonjour,

      Effectivement, nous avons malheureusement déploré le manque d'armes de combat rapproché en Afghanistan lors de l'embuscade du 8 ème RPIMA. Depuis rien n'a changé. Toujours pas d'armes adaptées.
      Pour "Sentinelle", le risque de ricochets existe fortement et l'on doit à nos militaires la maitrise parfaite d'une arme inadaptée comme le famas dans ce contexte pour avoir éviter les fameux ricochets sur les murs et les sols en pierre du Louvre ou pour n'avoir pas fait de dommage co-latéral à l'aéroport l'autre jour, devant le restaurant.
      Des armes de poing ou d'épaule à munitions à haut pouvoir d'arrêt existent (pointes creuses et légères, THV, etc...voir GIGN ce sont des spécialistes), des formations aux tirs spéciaux aussi, ce n'est qu'une question de décision.
      Pour la question technique, la ballistique étant une passion pour certains, des experts dans le domaine il y en a partout en France qu'ils soient civils ou militaires.

      Un jour, en terme d'accidentologie on déplorera une ou plusieurs balles lachées sur le quai d'une gare ou la non réaction d'un militaire qui n'aura pas utilisé son arme à cause des passants qui se trouvaient derrière le terroriste.

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  3. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  4. Tu ne seras pas surpris de me trouver d'accord avec toi. Ni de faire référence à à un point de vue convergent :
    http://www.telos-eu.com/fr/societe/armee-partout-securite-nulle-part.html

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  5. Mon colonel,

    Vous soulevez à juste titre de nouveau le faible ratio efficacité/ effectifs déployés du dispositif "sentinelle", et entre autre au regard de son cout : humain, financier, etc... En définitive la supposée "plus value psychologique" à l'encontre de nos concitoyens de ce dispositif, elle est loin de compenser tous ces inconvénients et charges.

    Autre problème guère évoqué sur lequel vous mettez le doigt, c'est la non homogénéité des troupes déployés pour cette opération : en quelque sorte des minis unités "de marche" constitués de militaires aux compétences forts variables. Dans le cas du Louvre la patrouille attaquée était par chance continué par des militaires du 1° RCP, formés et entrainés au combat d'infanterie rapprochée, mais si celle-ci avait été composé par des soldats venant d'unités d'appui on aurait peut éventuellement avoir quelques " bavures" : civils blessés ou tués.

    Loin de moi de vouloir ressuscité des querelles de "chapelles", mais votre propos l'illustre bien : mettre des patrouilles non formés et entrainés au combat d'infanterie rapprochée, de plus en zone urbaine c'est immanquablement faire courir un risque pour eux et les civils à proximités. Heureusement cela ne s'est pas produit, mais statisquement comme vous l'écrivez ce risque existe bel et bien.

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    1. L'intervention remarquable des soldats du 1er RCP n'a rien à voir avec du combat d'infanterie. Ce sont des savoir-faire de base que tout soldat fantassin, tringlot, artilleur etc... apprend et pour lesquels il s'entraîne longuement.
      Votre procès d'intention contre les soldats des unités d'appui est contredit par les faits. Dans les deux autres cas d'agression cités par Michel Goya, ce sont des artilleurs qui ont maîtrisé les agresseurs. A Nice, des soldats du 54e RA, ont réussi à ne pas faire usage des leurs armes à feu mais ont permis l'arrestation de Moussa Coulibaly. A Valence, ce sont des soldats du 93e RAM qui ont fait feu sur la voiture qui leur fonçait dessus.

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    2. Je pense que l'intervenant précédent voulait évoquer le "soutien" plus que l'"appui". Et désolé de vous contredire, mais le personnel du soutien apprend comme tout militaire les savoirs-faire d'autodéfense lors des classes et passe un rappel avant chaque déploiement sentinelle, mais cela ne lui donne aucune espèce d'expérience du combat qu'ont ses camarades de la mêlée.

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    3. Ce que vous écrivez est totalement faux. La maîtrise du tir en situation de combat et des techniques d'intervention opérationnelle rapprochée auxquelles on pourrait rajouter le secourisme au combat font partie des savoir-faire remis à jour en permanence par tout soldat des forces terrestres donc par les soldats des armes de soutien. Par ailleurs, il suffit de regarder les opex récentes (Afghanistan et Mali en particulier) pour voir que les soldats de ces armes de soutien sont confrontées tout autant que leurs camarades à des vraies situations de combat. En revanche, je répète que Sentinelle ne prévoit absolument pas de mettre en œuvre des techniques spécifiques de combat d'infanterie.

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    4. Ce que vous écrivez est totalement faux. La maîtrise du tir en situation de combat et des techniques d'intervention opérationnelle rapprochée auxquelles on pourrait rajouter le secourisme au combat font partie des savoir-faire remis à jour en permanence par tout soldat des forces terrestres donc par les soldats des armes de soutien. Par ailleurs, il suffit de regarder les opex récentes (Afghanistan et Mali en particulier) pour voir que les soldats de ces armes de soutien sont confrontées tout autant que leurs camarades à des vraies situations de combat. En revanche, je répète que Sentinelle ne prévoit absolument pas de mettre en œuvre des techniques spécifiques de combat d'infanterie.

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  6. En effet, fort heureusement les soldats qui sont intervenus étaient des parachutistes, c'est à dire des unités entraînées au combat d'infanterie et dont certains avaient sans doute participé à des opex. Je ne veux pas polémiquer sur les "unités d'appui", certaines savent fort bien utiliser leurs armes et les soldats de sentinelle ne sont pas là pour mener une guerre urbaine comme ne Irak ou en Syrie. Si cette unité avait été constituée de soldats de réserve ou de la "garde nationale", il y aurait de quoi être inquiet car d'après ce que je sais leur entraînement au tir est particulièrement déficient par manque d'entraînement ...On ne fabrique pas un soldat en lui donnant un treillis, une arme et en lui donnant quelques rudiments sur le tir. Il faut un entraînement régulier, pas forcément de type stage commando, quoique! La guerre, le maintien de l'ordre...demandent des gens compétents et bien équipés d'armes adéquates. On en revient toujours à la même chose : cela a un coût et c'est souvent là que le bât blesse. Pour en revenir au calibre : le 5,56 apparaît de plus en plus inadapté, le 7,62 trop lourd, le 6,65 est déjà utilisé que je sache. C'était autrefois, mais la bonne vieille MAT 49 avec son 9 mm avait une sacrée puissance d'arrêt quand même en combat (très ) rapproché.

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  7. Merci de dénoncer Sentinelle qui donne un faux sentiment de sécurité et qui met les armées à genoux. Que se passera-t-il le jour où une fausse patrouille Sentinelle massacrera la foule ? Des armes circulent, des uniformes etc.. Les armées seraient mieux employées pour des opérations ponctuelles de bouclage pour chercher armes munitions drogue...en appui des forces de police.

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    1. Que se passera-t-il le jour ou une fausse patrouille de police ouvrira le feu sur la foule ? Tout est possible. On peut tout imaginer. Sentinelle, ce sont des yeux et des observations permanentes sur le terrain.
      Etre un capteur tout temps.

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    2. Les policiers sont le plus souvent armés de pistolets, un trinome équipé de Famas fait plus de dégâts. Face à un tel ennemi il vaut mieux en effet tout imaginer.

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  8. Excellent article, très bien écrit. Techniquement exact, mais stratégiquement faux à mon avis. L'agression du Louvre illustre la continuité d'action entre ses théâtre d'opération extérieur au Sahel ou en Iraq et le territoire national.

    L'agresseur du Louvre était un égyptien venant de Dubaï. Ce sera intéressant de savoir qui l'a envoyé et téléguidé. Ce n'était en tout cas pas un "ennemi de l'intérieur" que les services de polices ou de renseignement intérieur auraient pu empêcher d'agir. Ici, il s'agit d'une agression extérieure. On peut imaginer que, au moins dans un premier temps, ce sera plutôt à la DGSE d'identifier le commanditaire, mais en tout cas c'est le ministère de la Défense qui est compétent.

    Sur un plan politique, cette continuité est claire pour l'opinion, elle l'est aussi pour les recrues qui s'engagent en ce moment.

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  9. Article ultra-convaincant.
    On aurait pu penser que le Front National romprait le consensus sur "Sentinelle" des deux partis qui alternent au pouvoir, hélas il n'en est rien.

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  10. Votre constat est réaliste et bien étayé. Ceci étant affirmé, je relève une problématique non avouée ou partiellement émise...
    ''il faudrait'' (il aurait fallu) combiner l'emploi du FAMas avec d'autres armes à plus forte puissance d'arrêt. En effet, les spécialistes de l'infanterie ont mis très longtemps à admettre que le fantassin soit doté d'une arme d'accompagnement (auto-défense) du genre pistolet automatique. Il a fallu attendre l'embuscade d'Uzbeen pour découvrir que les malheureux ''G.V.'' envoyé sur cette piste cruelle n'auraient pas vu les yeux de leurs tueurs si ils avaient eu un P.A.
    Fort de ce constat douloureux, on a doté les combattants de P.A. Mas 90, formidable ''réussite'' de nos manufacturiers stéphanois puisqu'il n'envoyait pas que des balles...

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    1. Pour avoir travaillé sur le combat d'Uzbeen, je peux dire que le PAMAS n'aurait pas changé grand chose, au contraire de quelques cartouches en plus (disons la même que celle de leurs camarades de la province de Kapisa). L'arme d'accompagnement reste néanmoins très utile dans de nombreuses configurations.
      Plus largement, il aurait était utile de ne pas attendre cette embuscade pour faire évoluer l'armement et l'équipement de nos fantassins, bien loin dans la liste des priorités jusque là.

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    2. Mon colonel vous proposez de compléter l'armement du fantassin par une arme de calibre 6,5, mais cela générera des problèmes logistiques : approvisionnement en munitions des hommes au combat, certes pas en ville dans une opération type "Sentinelle". Il faut déjà assurer la continuité de cet approvisionnement pour : 5,56 pour les Famas (ou leurs équivalents) et Minimax, 9 mm parabellum pour l'arme d'accompagnement, 7,62 pour les armes dites de précision et FM, 12,7 pour les fusils destinés au tir à longue distance.... et encore non compris les grenades à fusil et roquettes anti-chars !

      Question dans votre esprit cette arme tirant du 6,5 viendra-t-elle en substitution de la 5,56, ou en complément pour certaine missions spécifiques ? Dans le premier cas cela induirait le remplacement de tous les fusils d'assaut, non seulement de nos troupes mais de celles occidentales : question de standardisation et notamment OTAN.

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    3. C'est un débat théorique. Je viens de lire une étude très convaincante sur le calibre 6,5 mm maintenant il est clair qu'on ne va pas abandonner le 5,56 mm tout de suite comme calibre principal.

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    4. Pour les militaires de sentinelle, le fusil à pompe serait plus adapté. Ca avait été la conclusion des Américains en 1917 pour la guerre de tranchées (les Trench-guns...). La puissance d'arrêt d'un cal 12 est très différente d'un 223 Nato...

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  11. Mon colonel, pourriez vous nous indiquer un lien renvoyant sur un article sérieux sur le calibre 6,5 mm.

    Question annexe, que pensez vous du calibre 5,7x28 mm fabriqué par FN Herstal et qui équipe son PM (FN P90) et son PA (FN Five-seveN) ?

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    1. je suis interessé aussi par l'article sur le cal 6,5. La controverse ne date pas de Sentinelle mais les US l'ont éprouvé en Irak. Ils ont ressorti les M14 en 7,62 pour faire face aux difficultés des distances de combat et de combat urbain.
      Pour le 5,6x28, le secret service US qui en avait acheté les aurait abandonné. Le pouvoir d'arret est très insuffisant semble t'il justifiant un abandon.
      Par ailleurs, le FAMAS qui tire une cartouche de 55gr esra remplacé par le HK qui tire une cartouche de 62gr donc un peu plus lourde.

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    2. Bonjour a tous,
      Pour ce qui est de la cartouche de 5,56 M193 tirée par le FAMAS, vous devriez regarder de pret l'effet de cette munition. Elle ricochera beaucoup moins qu'une 9 mm ou une 5,56 SS109 standard OTAN. Cette ogive se fragmente a l'impact jusqu'à une vitesse initiale d'environ 750 m/s.
      Comment un projectile de de 3,5 g peut il arreter net un homme de 80kg?

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  12. "Les soldats ne sont pas des policiers et il ne faut évidemment pas qu'ils le soient. Quel est alors l’intérêt de mettre des soldats dans les rues ?"

    Réponse : les opérations types "vigipirate" ou "sentinelle" ne sont rien d'autre que des opérations de communication. Les gens ont effectivement l'impression que le gouvernement prend des mesures. La dissuasion opère à la marge sur les délinquants.

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  13. Écrit trop personnel (emploi inconditionnel du "nous" et du "on") d'aucune valeur stratégique dans lequel l'auteur défend l'emploi de moyens de défense qu'il a servi et non la cause noble et louable qu'est la protection et défense de la Nation dans son intégrité.
    Ce sont des missions de dissuasion d'un intérêt majeur (comme sentinelle) qui permettent par ailleurs de donner une image de cohésion nationale à l'international en termes défense dans le cadre de réponses à l'encontre d'actes de malveillance et terroristes prenant pour bon nombres racine hors frontières de l'Etat considéré.
    Oui pour une police de proximité. Mais quelle serait la plus value? Obtenir de l'information complémentaire!? N'existe-il pas des outils de collecte de l'information à cet effet permettant d'avoir, par la suite et par analyse, du renseignement discriminant? La population est une source d'information. À ce titre, il faut la faire participer à cet effort d'acquisition de l'information qui est le premier maillon d'une stratégie de protection-défense d'un Etat-Nation dont les missions actuelles en l'occurrence "sentinelle" sont cohérentes et s'inscrivent bien dans une politique de stratégie à moyen terme définie par les politiques actuels.
    Sans vouloir être démagogue pour un quelconque Parti Politique, c'est dans cette démarche de rapprochement Etat-Nation que Monsieur Macron se veut fort de recréer un Service Militaire "retaillé" aux exigences socio-politiques de ce siècle.
    Cette démarche serait susceptible de "revivifier" ce lien Etat-Nation (cordon ombilical incontournable en termes de cohésion nationale) avec le bénéfice de faire participer une majeure partie des Administrés à la protection-défense de leur Territoire par la captation d'informations de proximité à caractère humain sans devoir investir, outre mesure, dans une police de proximité qui générerait un nouveau "centre de coûts"; ce qui ne serait pas en phase avec les attendus en termes de réductions budgétaires étatiques à court et moyen termes.

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  14. "Statistiquement, on ne peut pas éviter aussi les vols d’armes, comme les deux Famas (et munitions) dérobés le 2 février, à une patrouille qui revenait dans sa garnison d’origine."

    Non, désolé, sur ce point de détail (quoi que) je ne suis pas d'accord. C'est inadmissible de laisser de véhicules avec des armes sans garde. Les auteurs de ce "maladresse" méritent mille fois les foudres de Zeus pour leur faute professionnelle et de plus l'image de brêle qu'ils ont apporté aux Armées.

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